Forum RPG tiré de l'univers d'Hakuouki, Feodal Kyoto mêle Japon féodal et fantastique. Pour changer l'Histoire, les dieux envoient leurs élus de 2016 en 1863. Geisha, ninja, rônin du shinsengumi... Onis ou Humains... Réécrivez l'Histoire (NC -18)
 
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Inspiré du jeu Hakuouki
Aucune connaissance du jeu ou du Japon n'est nécessaire

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 Lieven Fürstenwalde

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Lieven Fürstenwalde
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Élue - Étrangère - Marchande
MessageSujet: Lieven Fürstenwalde   Mer 28 Sep - 18:46




PRÉNOM - NOM

Nom : Fürstenwalde
Prénom(s) : Lieven
Surnom(s) : Liev’, Lievi, parfois Lili à son plus grand déplaisir.
Âge : 19 ans
Né(e) le : 21/11
Au : Japon
Origine : Métissée japonaise/hollandaise
Résidence : Kyoto à priori
Situation familiale : Célibataire
Groupe : Élue
Sous-groupe : Étrangère commerçante d’estampes.


Compétences

Deux jians, bien qu’elle les porte rarement du fait des mœurs sociales assez machistes du Japon féodal. Si aucun vêtement ample ne lui permet de les masquer en partie à la vue des badauds, elle n’est pas pour autant sans défense. L’époque moderne lui aura au moins enseigné une chose : le krav-maga. Toutefois cet art de l’auto-défense nous étant fort contemporain, il est ardu de l’appliquer réellement dans un combat face aux spécialistes japonais du XIXème siècle. Elle ne l’utilise tout au plus qu’en dernier recours et s’il faut esquiver avec habileté un coup mal placé.



Caractère

Lieven peut sembler difficile à cerner de prime abord. Elle ne semble guère appartenir à ce siècle-ci –et à juste titre !-, elle n'a cure de son passé comme de ces « blessures » psychiques dont aiment tant se targuer les autres : tout en elle exulte et respire la vie, une existence passionnelle qu'elle entreprend de dévorer à pleines dents. Son goût pour la connaissance et le savoir l'emmènerait jusqu'au bout du monde. Elle voudrait comprendre, étudier, progresser... Et ne devoir tout cela qu'à ses propres moyens. Étrangement néanmoins, elle ne se drape jamais dans une fierté mal placée -on peut apprendre de tout un chacun, et cela serait hérésie que de refuser l'enseignement de qui le lui offre ! En retour de quoi peut-elle se montrer maladroite, voire fort outrecuidante, n'étant guère du type à prendre des pincettes lorsque le fruit tant désiré de la connaissance s'agite sous son nez. Combien d'incartades à la bienséance a-t-elle dû rattraper... Oui, Lieven est semblable à une étincelle. Elle se brûle et se consume à la vitesse d'une bougie, sans aucun égard pour ce qu'elle laisse derrière elle. La gorge sèche, avide d'apprendre dès que le mot mystère daigne s'esquisser devant elle, elle ne reculera devant rien pour en percer l'insondable secret et nourrir sa soif dantesque de savoir, jamais figée, toujours tendue vers cette main offerte.

Son foutu caractère et en revanche une sérieuse impasse à sa socialisation. En effet, si elle ne rechigne jamais à aider les autres, elle prend pourtant très vite mouche ! Mais ne vous y trompez pas... Si Lieven chahute, s'agite de gestes courroucés à grand renfort de quelques tirades fleuries, c'est qu'elle se plaît à râler, semblable à ces petites vieilles ennuyées au carrefour des villages. Les véritables colères, elles, ne viennent qu'une fois l'an et sont pareilles à ces séismes de grande envergure, une tempête qui gronde en sous-terrain et n'affleure à la surface que par remous étranglés. Sa rage est froide, terriblement silencieuse et mordante car tout en elle se recroqueville dans une gangue difficilement contenue -et contrôlée... Elle se fait animal venimeux, et l’envie de dévorer l’outrecuidant retrousse ses lèvres sur ses canines, un éclat de silex métallique dans les prunelles. Une seule et unique situation peut toutefois aboutir à une telle réaction : la mise en danger de l’un de ses proches. Attentez à la vie d’une personne chère à son cœur et vous découvrirez une Lieven inédite. Beaucoup plus louve qu’humaine.

Plutôt posée et réfléchie dès que la situation devient véritablement sérieuse ou problématique, elle a toutefois une très mauvaise conception de sa propre sécurité. On pourrait la dire téméraire si ce n'était sa soudaine prudence dès que quelqu'un qui lui est cher est mis en cause ! Elle rejette la notion d'impossibilité et cherche continuellement à dépasser ses propres limites, considérant que la liberté est à ce prix. De fait, elle se montre parfaitement lunatique pour ne pas dire versatile, incapable de suivre un raisonnement logique intérieur ou même une ligne directrice au sein de son comportement. L'on peut comprendre du point de vue de ses interlocuteurs que ses propos et ses actions soient parfois durs à suivre, car cette étourdie n'utilise qu'un seul engrais pour ses idées : l'instinct ! Parfois irraisonnée, souvent sûre d'elle, il n'est pas rare qu'elle se lance dans des prises de décision décalées, mais toujours mûrement réfléchies. Son instinct lui dicte ce qui lui semble être le mieux et Lieven prend en charge les conséquences de ses actes, avec cette volonté impérieuse de ceux qui n'ont rien à se reprocher... Sa conception du bien et du mal est, quant à elle, toute relative. Elle se fichera de la mort d'un inconnu comme d'une guigne et donnera au contraire jusqu'à sa vie pour quelqu'un d'apprécié. Et qu'importe si celui-ci est un meurtrier de premier ordre ! Comprenez, s'il-vous-plaît, que son désir initial est bien d'apprendre. ...Et quoi de mieux pour cela que ceux qui vivent différemment d'elle ?

Malgré tout Lieven ne peut mentir à sa nature indubitablement heureuse. Elle est de ces personnes qui fascinent, à l’image de ces perroquets ara de couleurs dont le plumage ne cesse jamais de vous surprendre, d'accaparer votre regard sans que vous ne sachiez mettre un doigt sur cette sensation d'aliénation. Toujours en-dehors des mœurs, presque détentrice de sa propre gravité et de règles qui échappent à la compréhension humaine, soudain fascinée par un détail inutile que vous n’auriez pas même pris la peine de relever. Elle rit comme l’on respire, dévore à pleine dent cette existence qui n’aurait pas dû être sienne en étalant à la face du monde sa joie incommensurable d’être en vie à l’instant présent. Il est ainsi extrêmement difficile de résister à la poussée d’Archimède qu’elle distille en tout un chacun, cette pente vertigineuse qui vous pousse insidieusement vers une course éperdue à la tombée de la nuit ou dans des danses endiablées sur une place inondée de soleil. L’enthousiasme est hautement contagieux, et Lieven en est une véritable réserve humaine... Comme l’on peut s’en douter ce bonheur n’est cependant pas anodin. Les fissures de sa carapace sont visibles à de rares instants, lorsque ses iris se voilent d’une légère mélancolie, parfois, à la tombée de la nuit. Il y a de la souffrance en elle, une angoisse diffuse qu’il lui étreint le cœur et qu’elle ne peut contrer que par un comportement éblouissant. Elle lutte avec toutes les fibres de son corps, toute son énergie contre le souvenir de ce jour funeste où Bishamonten l’a arrachée à une mort imminente. Elle doute régulièrement de son existence concrète, persuadée que sa fin est réellement arrivée ce jour-là, et qu’elle risque de disparaître à tout jamais d’un moment à l’autre. S’évaporer dans l’air comme si elle n’avait jamais existé, et que tout se réduise au néant… Sa vie, ses connaissances, ses amours.

Elle réfléchit également énormément à ce que signifierait réussir à changer le passé. Ne serait-ce pas effacer de l’ardoise sa naissance future, différer par exemple la rencontre de ses parents, et donc sa présence dans cette existence passée et présente… ? Deviendrait-elle quelqu’un d’autre ? Et si Bishamonten, ce dieu qu’elle traite en bienfaiteur, la ramène dans son temps une fois sa mission effectuée… Rien ne déviera le destin de sa course cette fois-ci, sur cette route lointaine où son sang a éclaboussé les pavés et ce goût si rêche de bitume sur sa langue. Le temps n’est pas une donnée facile que l’on peut manipuler avec innocence. Et les répercussions n’en seront que d’autant plus terribles. Elle fuit également tant que faire se peut tout souvenir de sa famille, notamment celui de sa sœur, Saskia. Il est bien trop aisé d’imaginer ce à quoi elle a pu être réduite, sans Lieven pour l’épauler dans ce futur où elle n’existe plus…

Elle parvient généralement à enterrer tout là-bas, très loin en elle toutes ces pensées brinquebalées. Mais il arrive la nuit surtout lorsque les draps se font froids, l’absence de bras chaleureux pesante et le silence moqueur, que ses doutes reprennent leur assaut et l’assaillent d’une fièvre terrible. Une peur paralysante s'empare d'elle et dévaste toute sa volonté aussi aisément qu'une brindille. Elle redevient alors une enfant traumatisée et de sombres cauchemars hantent régulièrement ses nuits, des flashs d'images sanglantes et un lointain prénom au bord des lèvres, qu'elle ne parvient jamais tout à fait à saisir... Il lui faut alors exorciser ce mal-être, s’arracher à son confort avec le besoin irrépressible de passer ses nerfs, se défouler sur tout ce qui passe à sa portée : compulser des connaissances, se brûler vive au contact d’autrui jusqu'à l'épuisement, où parcourir les toits de la ville comme une funambule ivre... Il n’y a jamais plus belle lumière que celle qu’y irradie d’un sourire brisé, doté de cette volonté absolue et inconditionnelle de vivre.


Physique

Lieven n'est pas particulièrement superbe. Nonobstant ce fait, elle dégage un charme solaire qui lui est tout particulier, un on-ne-sait-quoi qui en fait se retourner plus d'un sur son passage... Son corps est altier et possède la souplesse du chat, doué de cette beauté lascive et sensuelle du geste nonchalant et pourtant d'une précision mordante. Ses lèvres fines se dérobent souvent sur ses crocs aiguisés en de semi-sourires moqueurs et un brin sauvages, jamais apprivoisée, et toujours si imprévisible. Le galbe ferme de sa poitrine -bien que peu imposante- et son ventre plat confirment un corps taillé pour la fluidité et la vitesse, correctement proportionnée dans une silhouette qui reste néanmoins indubitablement féminine. Elle se plaît à attacher négligemment ses longs cheveux blonds d'un simple catogan, ruban, ou tout bêtement ce qui lui tombe sous la main, n'ayant jamais eu aucune passion pour ces colifichets qu'aiment habituellement les filles. De fait, elle défraye régulièrement la chronique : elle abhorre ces tenues affriolantes qui vous engoncent le corps dans une nuée de fanfreluches, vous étouffent progressivement dans une forteresse de tissu imprenable.

Le port du kimono ou du yukata ne lui est toutefois pas désagréable au contraire de la mode européenne de 1863, à laquelle il fut ardue de s’adapter… Comprenez bien qu’elle leur préfère une tendance plus moderne dirons-nous, la texture du cuir par exemple, plus malléable, plus intime également, car il sied aux formes comme une seconde langue de peau et permet un large panel de mouvements. Mais n’allons pas offusquer les délicats habitants de ce siècle-ci, qui ne sauraient que trop s’insurger de l’impudeur d’une fragile Demoiselle dérobant au sexe masculin sa suprématie virile : Lieven a dû composer avec son nouvel environnement et accepter plusieurs concessions. Elle ne s’habille désormais « en homme » qu’à la nuit tombée, ramassant sa longue chevelure sous les abords d’une large capuche qui masque en partie ses traits, dans l’unique but de savourer sa liberté sous un éclairage nouveau. Sans ce subterfuge, ce retour dans le passé aurait sans aucun doute était bien plus difficile à supporter…

Cela, sans compter la kyrielle de regards qu’elle attire inexorablement, curieux spécimens de métissage dont les origines restent ambiguës. De sa mère, elle n’a hérité que de cette forme de visage propre aux Japonaises et la sveltesse de sa silhouette. Sa chevelure embrasée de soleil est ainsi une insulte même à ses racines bien qu’elle ne les ait pratiquement jamais coupés, ces amples torsades couleur de blé rivalisant à bien des égards avec les mèches auburn des Dames d’ici : elle coule et s’étend bien au-delà de la cambrure de ses reins, lui chatouillant parfois les cuisses et ce mince carré de peau sensible à l’arrière des genoux. Mais si sa blondeur fut victorieuse dans ses gênes, sa peau très blanche laisse planer le doute quant à sa probable filiation. Il en va de même pour ces yeux, ces grandes prunelles de chat qui lui mangent une partie du visage, toujours embusqués derrière cette étincelle avide qui ne vous laisse jamais savoir si vous êtes une proie savoureuse ou un allié. Impossible de rater cette pigmentation d’un vert mordoré, véritable reflet de ses passions, presque aussi ombrageux que l’eau chaude d’un lagon sous une tenture de longs cils noirs. Oh non, Lieven ne répond certainement pas aux canons de beauté traditionnelle. Mais son style est immanquable, et la vivacité, ce bonheur et cette envie éperdue de vivre qui incendient ses veines illuminent et inondent tout ce qu’elle touche comme un véritable raz-de-marée. Un franc sourire de sa part ou l’infinie nuance d’un éclat de dent blanche sur le rouge fruitée de ses lèvres, la gorge offerte dans un grand rire cristallin, font d’elle un animal tout de charme.

Il est à noter qu’elle porte la marque divine de Bishamonten au creux de la cuisse gauche, bien au-dessus du genou, à l’orée d’une partie plus… Intime de son corps dirons-nous. Ce sceau du secret adroitement apposé, dérobé aux regards inquisiteurs par la courbe de ses jambes fuselées, lui a permis jusqu’alors d’éviter les questions indésirables et ce même aux bains publics.


Histoire

Mitsuaki avait seize ans lorsqu'elle rencontra le père de Lieven, âgé de huit ans de plus. En marge d'une société qui ne voulait plus d'elle, livrée à ses frêles épaules sous le poids d'une vie qu'elle ne pouvait supporter seule, elle en tomba immédiatement et éperdument amoureuse. Il avait sa part d'exotisme, avec sa peau gorgée de soleil, halée par le grand air et son regard si bleu qu'il lui semblait refléter le ciel et ses dentelles de nuages. Il n'était pas Japonais. Sa haute stature et son charme de grand blond lumineux n'avaient d'égal que sa remarquable bienveillance à l'égard de ses prochains, magnanime en tout et pour tout avec ce brin de poésie qui lui était si particulier... Jamais en retard sur son temps, toujours en avance, toujours plus loin, il semblait être continuellement possédé par le futur avant même que celui-ci n'arrive, esquivant le présent qui lui faisait tant horreur. Comment aurait-il pu accepter de se laisser posséder par le temps, lui qui était un homme moderne et plein de malice ? Il s'astreignait ainsi jour après jour à instaurer un coup d'avance sur ce présent si traître qu'il ne voulait pas même connaître... Un an après leur rencontre, Mitsuaki vit son ventre s'arrondir. Il ne devint plus possible de rester figé dans ce temps-là, et bientôt, il fallut partir. Fuir le regard accusateur d'une société qui ne pouvait accepter une jeune adolescente de dix-sept ans, déjà propulsée au statut de mère que ses airs d'enfant perdue rendaient naïve. Le père de Lieven l'épousa en secret et ensemble, ils déménagèrent dans l'une de ces grandes métropoles où personne ne viendrait leur chercher des noises... Là, l'avenir serait possible, il y travaillait d'ores et déjà ! Et Lieven naquit, tranquillement, doucement. Chérie dans ce couffin aisé, à la frontière impalpable de deux mondes, deux lignes fuyantes à jamais écartelées.

Il y a peu de choses à dire sur cette époque d’espoir et d’incertitudes. Les années filèrent au-dessus de la petite famille dotée d'une maison de trois pièces. Le père de Lieven se dégotta un travail de médecin à mi-temps, grâce aux études étrangères qu'il avait autrefois achevées dans sa jeunesse. Imperturbable face aux chaos de la vie, il tâchait d'apporter de quoi manger avec cette parfaite régularité particulière aux horloges qui ont toujours un coup d'avance. Mitsuaki pour sa part s'alita à nouveau sous la protection de son mari, préservant ses forces en vue d’une autre heureuse nouvelle : Saskia. Lieven pouvait désormais se targuer d’avoir une petite sœur, et ce ventre qui s’arrondissait était à ses yeux la promesse de mille aventures et merveilles. Immédiatement, leur relation fut fusionnelle avec cette fulgurance propre aux coups de foudre. Il n’y avait là de place pour nul autre, et les babillements de Saskia, ses chants murmurés et la façon qu’elle avait de replier ses doigts sur les siens devinrent les prémices d’un amour inconditionnel.

Mais si le sang de Lieven bouillonnait d’une intarissable énergie, la peau laquée de soleil, ce soleil qui semblait avoir déteint sur elle, Saskia demeura comme un oubli de la génétique. Oui, elle était de ces gens que la candeur brille et éclaire l'espace d'un court instant, auréolés de cette naïveté enfantine qui donne un éclat doux et délicat à leur silhouette... Elle avait des gestes fragiles d'oiseau gracile, toujours tâtonnant dans un monde qui ne semblait guère être le sien, incertaine et magnifique dans ce qu'elle avait d'éphémère. Sa santé fragile ne pourrait jamais contribuer à lui permettre de réaliser les rêves dont son esprit paraissait à tout jamais rempli, toujours au loin dans cet au-delà que personne d'autre ne pouvait percevoir. Seule parfois une étincelle fugace passait dans son regard absent d'oiseau exotique, emprisonnée dans cette immense cage invisible qui grisait ses plumes d'une mélancolie insaisissable...

C’était un matin de janvier. Lieven s’en souvient, de cette matinée que pourtant rien ne laissait présager. Elle avait huit ans, sa sœur en avait six. Oh, ce ne fut guère qu’une petite fièvre passagère, un mal de crâne annonciateur, et néanmoins si anodin… Elles furent toutes deux malades. Mais Saskia, elle, ne s’en releva pas. Les médecins confirmèrent ce que sa famille avait craint toutes ces années : Saskia n’était pas conçue pour vivre dans ce monde-ci, quelque chose, dieu seul savait quoi, avait été raté dans sa conception et lui faisait désormais payer le lourd fardeau d’une existence emplie de souffrances. Certes, il y avait des solutions, et durant des années l’on crut qu’elle s’en sortirait, qu’elle remonterait cette pente infinie pour décrocher le droit de vivre un futur normal… ! Lieven se fit cuisinière, gardienne, dompteuse de cirque, tout –n’importe quoi pour lui arracher un rire, charmer son adorable oiseau de paradis et lui faire recouvrer la santé. Elles s’adonnèrent ensemble à des spectacles endiablés, agitant des corolles de tissus diaprés dont elles se paraient comme ces lointaines princesses d’Arabie : elles étaient reines en leur demeure, au diable la maladie, Lieven l’en arracherait à la seule force de ses bras. Et lorsque le souffle de Saskia se faisait plus haletant, son pas défaillant, elle n’avait pas son pareil pour lui ouvrir les portes d’un monde imaginaire infini. Elle tolérait d’elle toutes les vilénies, les grimaces, les rires aussi, rivalisant d'invention dans son imagination hors frontière pour épater son monde, courir la campagne et les vents comme un étrange feu-follet. Pour elle, elle faisait renaître des cendres les légendes les plus incroyables, faisait briller sous ses doigts et sa langue le fer sanglant des samouraïs, les murs violés et abattus des anciennes cités ancestrales, la tyrannie des dictateurs du passé et bien d'autres encore !

Il y eut des moments plus difficiles bien sûr. Leurs camarades de classe virent bien qu’il y avait une défaillance en Saskia, et la méchanceté humaine fit son œuvre. Il est bien plus aisé de haïr ce qu’on ne comprend pas et ce qui nous fait peur que de lui ouvrir l’étreinte de ses bras. Maintes et maintes fois, Lieven dut s’interposer pour protéger Saskia des coups et des mots, retenant entre ses lèvres serrées le cri asphyxié de sa douleur. Il fallut improviser pour justifier ces marques et ce sang auprès des parents, une glissade, une maladresse, un tempérament presque entier qui n’était pas le sien.

Mais rien n’y fit. Un beau jour d’automne, à l’aube de ses dix ans les jambes de Saskia cédèrent dans les escaliers et elle dut retourner à l’hôpital. Ses sorties se firent de plus en plus courtes jusqu’à devenir inexistantes. On leur annonça qu’elle ne s’en remettrait jamais tout à fait, que son corps allait progressivement se paralyser et cesser tout entier de fonctionner. Qu’il existait une maigre possibilité d’améliorer les choses, mais qu’il faudrait pour se faire enchaîner les rééducations. Tout cela allait coûter de l’argent, des économies que la famille n’avait pas. Alors Lieven se lança dans la recherche éperdue d’un revenu financier susceptible d’aider ses parents : toutes les petites tâches que l’on daignait bien accorder à une enfant de 13 ans, même s’il fallait pour ce faire parfois jouer à des jeux dangereux. C’est à cette période qu’elle développa sa carapace infranchissable, ce trop-plein d’enthousiasme qu’elle déverse sur le monde alentour pour mieux masquer ses faiblesses et ses doutes. Saskia ne devait pas savoir, se concentrer uniquement sur sa guérison prochaine et sur l’immense sourire lumineux de sa grande sœur. Lieven prit également la décision de prendre des cours de krav-maga, acquérir pour de bon la puissance physique qui lui permettrait de protéger Saskia pour les siècles des siècles. Propulsée en avant par cette énergie inépuisable et par la volonté sourde d’aider les siens, elle progressa extrêmement vite et bénéficia d’une bonne réputation lorsqu’elle entra enfin au lycée.

Elle toucha à beaucoup de sports de défense différents, apprécia énormément le contact des lames et l’aisance avec laquelle son corps se mouvait. Cela n’était pas improbable : elle devait bouger pour deux, faire deux fois plus d’effort pour tirer sa sœur vers le haut. Il ne faut pas non plus imaginer que tout fut sombre durant ces années-là. Il y eut des éclaircies aveuglantes, des saveurs inédites. Avide d’apprendre et de savoir, Lieven obtint rapidement sa place au sommet de l’échelle scolaire. Elle parcourut la ville avec ses amis tellement de fois que ses pas lui semblèrent ancrés dans le ciment. On lui promit un brillant avenir, une place grandiose à l’université et une succession de projets visant à faire le tour du monde. Elle se sentit ivre des nuits durant, animée d’un bonheur indicible tandis qu’elle dansait à 4h du matin sur les pavés déserts de la ville, accompagnée de ses amours d’un soir, d’un mois, qu’importait alors… ? Elle brûlait vive, s’imprégnait de tant de couleurs et de fragrances qu’elle en faisait luire les yeux de Saskia, le midi à l’hôpital. Leurs jeux d’enfant semblaient n’avoir jamais cessés.

Un jour, le cœur de Saskia resta inerte durant plusieurs interminables secondes. On appela en tous sens, fourmilière paniquée que les infirmiers fatigués ne parvenaient pas à endiguer. Lieven avait 18 ans, et le hall de l’aéroport ne lui avait jamais paru si glacé. Etait-ce son unique faute ? Avait-elle trop désiré vivre ces derniers temps, présence diffuse qui s’obstinait à voyager de par le monde… ? Elle n’avait pas été là pour sa sœur. Peut-être était-ce là la sentence irrévocable de Saskia, sa façon à elle de lui reprocher son regain d’existence ces dernières années. Lieven courut à s’en rompre les jambes, rebroussant le chemin de ses espérances, priant pour une intervention divine, n’importe laquelle même s’il fallait vendre son âme pour ce faire et tout ce qu’elle avait d’autre à offrir. Ce ne fut qu’à dix minutes de l’hôpital qu’on l’appelât enfin. Saskia était hors de danger. Les infirmiers connaissaient leur affaire et ce n’était pas un simple arrêt cardiaque qui risquait d’emporter sa sœur.

Lieven n’avait pas vu alors que ses pas tremblants l’avaient conduite au beau milieu d’un passage piéton. Pas plus qu’elle n’entendit les hurlements effarés des badauds qui tentèrent de l’avertir de l’arrivée déraillée d’un camion de transport.

Saskia était vivante.

Mais il fallait une vie pour une autre vie…
Tout disparut et le monde devint silence.

~~~

Elle s’éveilla lui semblait-il des années plus tard dans cet autre univers, un passé si lointain qu’il lui paraissait étranger. Etait-ce bien le Japon ? Ce Japon dont lui avait parlé la présence diffuse d’un être qu’elle n’avait pas reconnu… ? Mais elle se souvenait du goût du sang sur sa langue, et d’une souffrance si inimaginable qu’elle en aurait hurlé à s’en déchirer la voix. L’accident avait-il était réel ? Avait-elle bel et bien été touchée ? Elle n’en avait aucune idée, et ne le saurait probablement pas avant d’être revenue dans sa propre temporalité. Peut-être Bishamonten l’avait-il arrachée à son destin à cette fraction de seconde très précise où tout n’était pas encore perdu. Elle ignorait tout –et se trouvait plus que jamais capable d’apprendre. Elle ferait sienne la quête de ce Dieu, puisqu’il avait bien voulu mettre une ambiguïté sur sa vie : elle gagnait plusieurs jours supplémentaires d’existence. Oh, elle avait toujours eu une imagination débordante, mais cette pluie qui ruisselait sur son visage, ce vent glacial dans ses cheveux, tout était irrésistiblement réel.

Les premiers jours furent extrêmement difficiles. Elle dut survivre dans un monde hostile aux inconnus, d’autant plus que ses longs cheveux blonds paraissaient attirer la malveillance mieux qu’un étendard. Cela dura jusqu’à l’apparition bienvenue de Basil, réputé marchand dans son domaine qui savait apprécier les bonnes choses et donner leur chance aux jeunes de cette époque. L’histoire préfabriquée de Lieven sut l’attendrir –un naufrage en mer, toute sa famille hollandaise décédée, un quotidien laborieux auprès des Japonais… En effet, elle prit rapidement le parti de ne pas avouer son métissage, laisser planer le doute quant à ses origines qui ne seraient sans doute pas tolérées. Avait-on déjà vu pareil mariage… ? C’était absurde. Autant se faire passer pour l’une de ces Hollandaises pure souche qui étaient acceptées sur leur sol. Grand patriote de son pays, Basil ferma les yeux sur les quelques aspects troubles de Lieven et la prit sous son aile. Il lui apprit tout ce qu’il fallait savoir en matière de commerce de rouleau, de parchemin, de presse à papier et de codex… Sa fortune ne souffrait aucune défaillance, spécialiste de splendides estampes sur un papier d’une excellente qualité. Il offrit à sa fille adoptive une résidence où demeurer, même lorsqu’il ne serait pas au Japon, et des armes pour se défendre. Cela n’était certes pas commun pour leur terre d’accueil, mais Lieven lui paraissait être une jeune fille tout à fait apte à se défendre par elle-même. C’est ainsi qu’elle fit l’acquisition de ses deux jians, respectivement nommés Süns et Khugatsaa, et perfectionna son art un an durant, jusqu’au jour d’aujourd’hui.

IRL

Pseudo : Luz
Âge : 21 ans et toutes mes dents !
Découverte du forum : Hanako m’en parle depuis la nuit des temps, désormais secondée d’Edward… Donc par le biais d’amis déjà inscrits !
Présence : 6/7. En général une connexion au moins par jour.
Commentaire(s) : Très joli forum qui recèle de plus d’un tour dans son sac. Je n’aurais pas imaginé par exemple que la communauté soit aussi sympathique ! Je lui souhaite de bonnes années de félicité à venir.
Code : Validé par Hanako


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Hanako Kuroyuri
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Métis - Yukimura - Bien-être
MessageSujet: Re: Lieven Fürstenwalde   Mer 28 Sep - 19:06

bienvenue officiellement ♥ Hâte de voir ta fiche !

Preuve que le harcèlement paye !
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Chikage Kazama
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Oni - Kazama - Leader du Clan
MessageSujet: Re: Lieven Fürstenwalde   Jeu 29 Sep - 5:05

Bienvenue sur le fow! J'espère que ça va te plaire et que tu vas te plaire ici. Courage pour la fiche et tout o/
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Akihiko Murakami
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Élu - Shinobi - Shinsengumi
MessageSujet: Re: Lieven Fürstenwalde   Jeu 29 Sep - 8:57

Bien, bien, bien, je l'ai déjà dit mais c'est tellement agréable de le dire que je ne me prive pas de le répéter, ainsi donc... Bienvenue encore une fois ^^

Étant donné que ton personnage entre dans mon domaine de compétence, je m'occuperai de ta fiche pour laquelle je te souhaite une bonne continuation. Si d'autres questions te viennent à l'esprit, surtout n'hésite pas ^^
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Ryoichi Yamaguchi
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Métis - Gozen - Artisan
MessageSujet: Re: Lieven Fürstenwalde   Jeu 29 Sep - 12:31

Mais c'est qu'il y en a plein des nouveaux XD
Welcome Miss, j'espère que tu te plairas ici, bon courage pour ta fiche cheers
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Lieven Fürstenwalde
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Élue - Étrangère - Marchande
MessageSujet: Re: Lieven Fürstenwalde   Ven 30 Sep - 14:05

Un grand merci à vous pour tous ces messages de bienvenue ! Very Happy

J'ai presque fini ma fiche, le caractère et le physique ne devraient plus bouger des masses. Je ne pourrai toutefois pas poster mon histoire avant un ou deux jours, si ce n'est trois, j'espère que cela ne posera pas de problème !

Je n'oublie pas en tout cas, je la rédige dès que possible. *_*
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Hanako Kuroyuri
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Métis - Yukimura - Bien-être
MessageSujet: Re: Lieven Fürstenwalde   Ven 30 Sep - 14:19

Si c'est très grave. Chaque jour d'attente, un chaton meurs dans d'atroces souffrances U.U


Prends ton temps, les délais sont de deux semaines mais on peut avoir plus si on demande donc n'hésites pas si nécessaire^^
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Lieven Fürstenwalde
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Élue - Étrangère - Marchande
MessageSujet: Re: Lieven Fürstenwalde   Lun 3 Oct - 15:38

Et aucun chaton ne mourra ce jour ! (Enfin, je crois...)

J'ai officiellement fini ma fiche, elle est donc prête pour une première évaluation. Very Happy
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Akihiko Murakami
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Élu - Shinobi - Shinsengumi
MessageSujet: Re: Lieven Fürstenwalde   Lun 3 Oct - 21:57


Félicitation Lieven!
Félicitations, te voilà validée. Il y a quelques petits points qui me laissent quelques questions mais très franchement, j'ai envie de les découvrir lors d'un rp plutôt que tout apprendre dans ton histoire, aussi je ne vois pas de rison qui retarderait ta validation. Ton personnage est fort intéressant et j'avoue que je suis tenté d'aller gratter sous la surface pour découvrir qui elle est vraiment. Bref, te voici à présent prête à rejoindre l'univers de Feodal Kyoto. Tu as été ajoutée au groupe des Élus, mais pour une expérience optimale, pense bien à recenser ton avatar! Tu peux aussi chercher des relations en créant ta fiche de liens ici, demander un logement dans cette section et faire une demande RP en créant un sujet ici qui te suivra tout au long de l'aventure !

Si tu as la moindre question, n'hésite pas à contacter un membre du Staff ^^

Dernier point important, AMUSE-TOI !

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Lieven Fürstenwalde
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