Forum RPG tiré de l'univers d'Hakuouki, Feodal Kyoto mêle Japon féodal et fantastique. Pour changer l'Histoire, les dieux envoient leurs élus de 2016 en 1863. Geisha, ninja, rônin du shinsengumi... Onis ou Humains... Réécrivez l'Histoire (NC -18)
 
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 Home sweet home ? [PV Chikage]

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Kyuuju Amagiri
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Oni - Kazama - Bras droit de Chikage
MessageSujet: Home sweet home ? [PV Chikage]   Ven 17 Mar - 17:29

L’auberge était calme en cet après-midi, lorsqu’une haute silhouette se présenta à l’entrée. Kyuuju Amagiri connaissait les lieux comme sa poche, y ayant séjourné par le passé. Il éprouva une certaine forme de nostalgie, mais la repoussa au fond de son esprit alors que le tenancier venait à sa rencontre tout en triturant ses mains. Il le salua poliment et Kyuuju l’imita. S’il était vrai qu’au début, l’Humain avait témoigné de la méfiance à la vue d’Amagiri et de Kazama, aujourd’hui, il ne les voyait plus que comme des clients tout à fait ordinaires. Bon… peut-être pas si ordinaires que ça, surtout en ce qui concernait le caractère impulsif du blond. Il eut d’ailleurs l’air soulagé de ne voir que le roux, ce qui n’eut pas l’air de faire forcément plaisir à ce dernier, lequel affichait une constante expression neutre. Question d’habitude.  

« Bienvenue ! Cela faisait longtemps que vous ne nous aviez pas honoré de votre présence, Amagiri-san ! Il nous reste bien une chambre à l’étage… »

Kyuuju leva simplement la main pour couper court au flot de paroles. Le geste eut l’effet escompté.

« Je cherche Kazama. J’avais pensé le trouver ici », déclara t-il simplement, toujours aussi avare de paroles.

L’aubergiste marqua une certaine surprise, ce qui rembrunit légèrement le roux. Il était pourtant certain de s’être exprimé simplement.

« Ah, ça fait bien quelques temps qu’il ne fréquente plus mon auberge ! C’est qu’il a une maison maintenant ! Une bien belle demeure dans le quartier résidentiel, en plein centre de la ville ! »

« … »

« … »

« … »

Et cela pourrait durer encore longtemps ainsi…

Amagiri n’avait pas bougé d’un millimètre. Il se tenait toujours aussi droit, raide comme la justice, ses yeux d’une clarté froide plantés dans ceux de l’aubergiste. Ce dernier détourna vite le regard, n’appréciant guère d’être fixé si longtemps, surtout par quelqu’un qui faisait facilement deux têtes de plus.
Chikage avait une maison.

C’était la seule information que Kyuuju retenait, car la seule qui soit essentielle. Certes, cela faisait quelques temps déjà que l’Oni était retourné dans le village de Kyushu et il imaginait bien que Kazama avait mené à bien ses propres affaires de son côté. Mais jamais, en mettant les pieds dans cette enseigne qu’ils avaient autrefois fréquenté, jamais Amagiri n’aurait songé qu’il entendrait de la bouche de cet aubergiste que Chikage avait une maison.

Ce n’était pas étonnant en soi. Ce qui intéressait davantage le grand roux c’était le pourquoi. Pourquoi maintenant ? Pourquoi à Kyoto ? Pourquoi tout court ?

Le colosse soupira, ce qui se traduisit par un grognement rauque qui fit légèrement sursauter l’aubergiste. Ce dernier lui fournit quelques indications plus précises sur la demeure de Kazama et Amagiri les nota dans un coin de son esprit.

« Je vous remercie pour ces informations. Sur ce, je vais vous laisser. »

Il s’inclina et l’aubergiste fit de même plusieurs fois d’affilée, tandis que la haute silhouette de l’Oni disparaissait dans les rues animées.

Sans perdre une minute, Amagiri se mit en quête de ladite demeure, tout en se demandant pourquoi Chikage ne l’avait pas  prévenu. Il aurait pu lui envoyer une lettre pour le tenir informé de son projet d’acquérir un bien immobilier, puis… Non !

Le roux s’ébroua mentalement. Chikage n’était plus un gamin, il était capable, à 100 ans passés, de prendre des décisions de ce genre sans avoir recourt à des conseils. A ses conseils ! A force de se le répéter, Amagiri pourrait presque s’en convaincre.

Presque.

Enfin, quoiqu’il en soit, Kyuuju faisait partie du Conseil des Anciens depuis maintenant deux ans. Il était grand temps d’arrêter de considérer Kazama avec le regard d’un tuteur, ne serait-ce que pour le propre bien de ce dernier. Il l’avait toujours guidé tout en veillant à ce qu’il soit capable de faire des choix par lui-même, en tant que chef de clan, mais aussi en tant qu’individu.

Kyuuju finit par atteindre sa destination. Il apparut devant les portes de la belle demeure tel un spectre surgi de nulle part, le visage figé à la façon d’une statue de marbre. Il observa calmement les lieux, dans un premier temps, le regard suspicieux, de la même manière que l'on dévisagerait un individu louche. Puis, alors qu’il s’avançait dans la cour d’un pas assuré, ses yeux scrutèrent la façade avec une neutralité absolue qui aurait fait le désespoir de tout agent immobilier, même le plus chevronné.
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Chikage Kazama
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Oni - Kazama - Leader du Clan
MessageSujet: Re: Home sweet home ? [PV Chikage]   Lun 20 Mar - 14:08


La porte découpée dans l'imposant portail était, la plupart du temps, condamnée depuis l'intérieur. Chikage n'aimait pas les visites innopportunes, et les Humains n'avaient techniquement rien à faire chez lui. Quand il attendait une rare livraison, ses rares serviteurs étaient là pour accueillir le vendeur et s'occuper des détails de la vie quotidienne. Mais ce portail, ces murs... tout cela n'était que superflu pour un Oni qui pouvait très facilement sauter par-dessus. Le souci était de ressortir. Chikage n'appréciait aucunement les intrusions dans ce qui était devenu son intimité, et Oni ou pas, il fallait montrer pattes blanches pour ne pas se prendre un coup par derrière.

Pourtant Amagiri ne fut pas l'objet d'une attaque quelconque. Oubli distrait et dangereux, ou volonté conscience du maître des lieux, il ne pourrait le dire pour le moment. L'Ancien trouva celui qu'il cherchait dans le jardin juste à côté de la cour, en train de nourrir une floppée de volatiles. Il y avait des grues blanches du Japon, des mésanges et des hirondelles, et même quelques paons. Le blond avait toujours eu une faiblese pour les oiseaux. Enfant, il ne pouvait s'empêcher de grimper aux arbres, jusqu'aux branches les plus hautes et fragiles, pour regarder des nids ou y remettre un oisillon tombé, perdu. Etonnant pour quelqu'un du signe du bœuf, mais c'était là un bel exemple de complémentarité et la représentation physique de la nature même des Onis : aimante et respectueuse. Complètement perdu dans sa distribution de grain, Chikage avait donc fait preuve d'une faiblesse bien innattendue de sa part, lui qui avait toujours été d'une méfiance absolue – une fois que le concept eût été rentré sous ses boucles blondes. Ce fut un paon qui donna l'alerte, en se hérissant devant l'inconnu tout en gloussant. Cet avertissement, Chikage l'entendit et il réagit instinctivement, se mettant en position de combat dans un mouvement aussi rapide qu'élégant. Puis il prit la scène devant lui avec un clignement de paupière placide, presque paresseux.

- « Ah, c'est toi, Amagiri... Tu as donc trouvé ton chemin jusqu'à la demeure Kazama. Soit le bienvenue. » Il se débarassa des dernières graines et s'avança vers son mentor, le dépassant en obliquant vers le côté.  « Le thé va nous être servi d'ici peu. »

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Kyuuju Amagiri
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Oni - Kazama - Bras droit de Chikage
MessageSujet: Re: Home sweet home ? [PV Chikage]   Sam 25 Mar - 11:15

L’accueil fut rapide, pour la simple et bonne raison qu’il n’y en eut pas.

Le visiteur s’interrogea, ne sachant s’il fallait y voir une faille dans la sécurité de la demeure ou bien une permission du propriétaire des lieux à entrer.

Confiant, Amagiri opta pour la deuxième option et il ne lui fallut guère longtemps pour localiser Chikage ; il n’eut qu’à tourner la tête pour apercevoir un peu plus loin ce dernier, entouré de volatiles qui guettaient leur repas. Depuis le temps qu’ils se connaissaient, le roux savait combien son cadet appréciait les bêtes à plumes et il ressentit comme un bref élan de nostalgie, cependant vite étouffé par son esprit pragmatique qui ne voyait pas bien ce qu’il pouvait faire avec autant d’oiseaux. Des bonsaïs seraient beaucoup plus décoratifs, mais ça c’était un point de vue purement personnel.

Amagiri s’approcha de quelques pas, se tenant tout de même à une distance qui ne gênerait pas l’activité du blond. Il aurait souhaité que celui-ci mette un peu plus de cette concentration dans la méditation, mais il s’était fait une raison, des années plus tôt. D’ailleurs il était rare de voir Chikage aussi absorbé par quelque chose, lui d’ordinaire si alerte.

En parlant d’alerte, l’un des volatiles brailla en apercevant le roux, attirant instantanément l’attention de Kazama, qui se plaça en posture de combat. Kyuuju ne cilla pas pour autant, trop occupé à arriver au triste constat qu’un simple paon était plus pourvu d’instinct que son propre disciple.

Finalement, la première hypothèse qu’il avait dédaigné se révélait être le bonne. Il lui épargna cependant des remontrances sur son manque de vigilance qui l’auraient fait passer pour un moralisateur. Ce qu’il était incontestablement, en vérité…
Il répondit à l’accueil en inclinant légèrement la tête, l’équivalant d’un salut cordial dans son propre langage silencieux, et n’ajouta rien à propos du thé car l’essentiel venait d’être dit. Amagiri n’était pas vraiment le genre à s’exclamer « d’accord j’arrive, j’amène les petits gâteaux ! », ce qui aurait été une assez drôle de vision.

« J’ai été surpris d’apprendre que tu possédais une maison, Kazama », déclara t-il de sa voix rocailleuse tout en emboîtant le pas du blond.

Ça, il avait été surpris, oui. Kyuuju n’était jamais surpris de rien et il l’avouait encore moins. L’affirmation recelait une multitude de questions qu’il ne posa pas, notamment la horde des « pourquoi ? ». L’aîné connaissait assez bien Chikage pour savoir que ce dernier était doté d’une incroyable propension à agir sur des coups de tête. S’agissait-il d’un caprice ? Bien curieux alors, étant donné que l’héritier des Kazama avait une sainte horreur des Humains et qu’il avait choisi d’acheter une maison dans l’une de leurs plus grandes villes.

« Je suis ravi de voir que tu as décidé d’apprendre à vivre avec les Humains », ajouta Kyuuju et son ton était si banal qu’il fut impossible de savoir s’il faisait là une tentative d’humour ou non.

L’humour était, pour Amagiri, l’équivalant d’un animal mythique.
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Chikage Kazama
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Oni - Kazama - Leader du Clan
MessageSujet: Re: Home sweet home ? [PV Chikage]   Mar 28 Mar - 19:15


Il n’y avait aucun besoin de souligner le manque de vigilance dont Chikage venait de faire preuve. Le blond avait réussi à agir comme si de rien n’étant, mais intérieurement, il avait le rouge de la honte tatoué sur les joues et le front. Comment se faisait-il qu’il n’avait pas réagi à ce qui était une intrusion dans son domaine ? D’autant plus qu’il n’attendait personne. Si ça avait été le cas, on aurait pu excuser le fait qu’il eut confondu un ki avec un autre…
Mais depuis quand Chikage pensait-il en terme de ki ? Là, alors qu’il précédait Amagiri de quelques pas, il s’arrêta, le temps de jauger son invité d’un coup d’oeil rapide. Oui, c’était bien lui, avec cette « aura » de solidité de chêne centenaire. Enfant, il avait un jour sorti à son mentor qu’il sentait bon le rocher moussu. Ce qu’Amagiri en avait pensé, allez le savoir, mais Chikage n’avait pas changé d’avis sur la question.
Il fallait se rendre à l’évidence : à force de fréquenter Hanako, le chef de clan était devenu plus sensible au ki. Etait-ce à force de se faire papouiller ? Après tout, il l’avait rencontré dans le cadre d’une démarche en ce sens : se faire débloquer le ki. Bon, dans les faits, il s’était fait débloqué bien autre chose… Mais ça, il n’allait pas en parler. Ou était-ce l’influence de sa maîtresse, à force de la voir faire des exercices et méditer ? Une question à creuser.

Mais pour le moment, il reporta son attention sur son maître.
- « Je vais te décevoir. J’ai acheté cette maison parce que je ne supportais plus de vivre dans cette auberge, avec des Humains partout. » expliqua-t-il en s’asseyant sur le coussin préparé à son intention. La salle de réception donnait sur l’étang intérieur – vide encore de poissons, bien que Chikage envisageait très sérieusement d’y déplacer Hanako-la carpe et sa famille. La vue était très reposante et le service de la demi-oni qui, les cheveux grisonnant, savait parfaitement s’adapter aux humeurs du jeune chef, aussi discret qu’efficace.

- « Des appartements sont prévus pour toi, si tu le désires. Libre à toi de retourner dans cette auberge, ou tout autre lieu qui te conviendra. Ametsuki réside ici également, le temps de son séjour à Kyoto. » Et il y avait quelque chose dans le ton de Chikage qui laissait clairement penser que le séjour d’Amagiri serait beaucoup moins temporaire. « Comment vont les tiens ? » s’enquit-il, maintenant que les sujets de pure logistique avaient été réglés – en son sens. « A quoi dois-je ta visite ? Es-tu là en membre du Conseil, en représentant de ton frère, ou autre chose ? » Ah, les Onis et leur amour pour la politique. Il était désormais impossible à Chikage de savoir si Amagiri venait en simple ami, en ambassadeur ou en tant que porteur d’ordres et de mauvaises nouvelles, vu que le Conseil n’était jamais autre chose que source d’ennuis pour le chef coq qu’il était.
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Kyuuju Amagiri
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Oni - Kazama - Bras droit de Chikage
MessageSujet: Re: Home sweet home ? [PV Chikage]   Dim 2 Avr - 18:50

Kyuuju suivit Chikage dans une salle à l’atmosphère paisible, propice à la contemplation et au repos de l’esprit. Il ne fut guère surpris par le calme qui régnait dans la demeure, par cette forme d’élégance combinée à une aura de mystère. La maison reflétait bien le personnage qui en était le maître.

Le roux ne fut cependant pas totalement convaincu par la réponse de Kazama. Certes, ces mots lui ressemblaient. C’était même parfaitement cohérant avec sa personnalité. Mais quelque chose lui soufflait qu’il ne s’agissait peut-être pas de l’unique raison. Toutefois, il se contenta de l’unique version donnée et ne chercha pas plus loin. Kyuuju n’était pas contrariant.

Le colosse s’installa à son tour, s’asseyant de façon formelle –en seiza- comme il avait l’habitude de le faire. Kyuuju ne pratiquait l’art de la détente que lorsqu’il se trouvait seul. Et encore…

A nouveau il hocha la tête, acceptant humblement l'invitation.

« Je resterai ici puisque tu m’offres ton hospitalité. C’est un bel endroit. »

Amagiri n’avait jamais été un invité du genre encombrant. Sa présence en imposait, mais il savait se faire discret. Du moment qu’il trouvait un cadre lui conférant le calme favorable à la réflexion, tout lui convenait.

« Ils se portent bien et mon frère te transmets ses salutations. »

Plus ou moins de bon cœur. Cela dit, Kyohei avait toujours été un individu responsable et poli. Et puis, il n’avait aucun véritable grief contre Chikage. C’était surtout l’implication de Kyuuju auprès du blond qui l’irritait. Maintenant que le roux laissait davantage Chikage seul, cela pourrait s’arranger, mais –manque de chance !- Kyuuju faisait partie du Conseil des Anciens. A croire qu'Amagiri ne trouverait jamais grâce aux yeux de son frère aîné. Heureusement, il s’était fait une raison depuis longtemps. A son âge, on apprenait à relativiser, au risque de se trimballer deux-cent trente ans de déprime. Ça peut faire long…  

La dernière question de Kazama révélait justement cette complexité dans la politique des Oni. Il semblerait que toutes les politiques du monde et de toutes les races n’aient pour seul but que de complexifier les rapports entre les individus. Car oui, là résidait la règle d’or de la politique : rien ne devait être simple. Sinon ce n’est pas drôle.

Kyuuju décida de jouer franc jeu, car, lui, les manigances et les mensonges, ce n’était pas trop son dada. De toute façon, lorsque l’on se voyait doté d'une telle carrure et de la faculté d'arrêter la course d'un sabre à mains nues, on ne risquait rien à se montrer honnête…

« Après plusieurs mois passés dans le village, j’ai jugé bon de revenir à Kyoto. Depuis quelques temps, le repli du clan Mibu revient souvent dans les discussions du Conseil. Certains pensent qu’il vaut mieux respecter leur volonté, là où d’autres sont convaincus que nous devrions reprendre contact. »

Quelque part, Kyuuju se demandait si les clans oni des différentes provinces avaient réellement fourni le maximum d’efforts pour convaincre les Mibu de ne pas fermer leurs « frontières » à leurs pairs. Depuis plusieurs années, le roux déplorait ce principe du « chacun pour soi » qui semblait grandir dans l’esprit de nombreux Oni.

Il sortit de ses réflexions et reporta son regard sur Chikage.

« J’ai pensé que tu aimerais le savoir. »
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Chikage Kazama
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Oni - Kazama - Leader du Clan
MessageSujet: Re: Home sweet home ? [PV Chikage]   Jeu 6 Avr - 16:38


Contrairement à Amagiri qui, assis en seiza, était l’incarnation de l’élégance, Chikage était vautré sur son coussin ; le roux était en toutes occasions un parfait gentleman, quand son élève pratiquait l’art de la décadence avec un suavité et précision. Le premier était le centurion, le second le sénateur, et leur Rome Antique venait sans colonne, mais avec du thé et du riz. Cela n’enlevait rien à la justesse de la comparaison. Si différents, pourtant si complémentaires. Si rien ne séparait ces deux-là, ils pourraient devenir les maîtres du monde, et y régner en tyrans absolus, mais débonnaires.

Ainsi, l’annonce de Kyûju fit naître un sourire conquérant sur les lèvres de Chikage. Voilà enfin le signe qu’il attendait.
- « Je vais être honnête, Amagiri. » déclara-t-il en buvant son thé à petites gorgées. « Tu ne m’apprends rien, dans le sens où c’est moi qui aie planté la graine de cette question dans l’esprit de beaucoup de gens. Tu sais que je suis assez doué pour les sous-entendus. » Contrairement à son mentor qui semblait incapable de mentir, Chikage était un sournois, un vil serpent, et il en était fier.

- « Je savais que si j’abordais la question bille en tête, le Conseil allait pousser des cris de vierge effarouché. La sacro-sainte indépendance des clans... » Il grommela la fin de sa phrase. Chikage était conscient qu’il touchait à un des pilier de la culture oni. Chez eux, chacun avait sa place et il ne faisait pas bon de venir fourrer son nez dans les affaires des autres. Lui-même avait une réticence extrême à considérer le fait d’unir les clans, et donc de devoir concéder une partie du pouvoir sur les autres, à d’autres. Les Gozen, les Mibu… Bon, s’il était honnête, il avouerait qu’il se lançait dans son grand projet de « front commun » essentiellement parce qu’il avait la claire intention d’être à la pointe du mouvement, en tant qu’initiateur certes, mais en tant que chef surtout. Contrairement aux Gozen, qui avait un prince ou une princesse – quelle hypocrisie, autant dire roi et reine dans ce cas – les Kazama avaient toujours du faire avec un Conseil des Anciens très impliqué dans la gestion du clan. Aussi l’idée même de partagé le pouvoir ne froissait pas le jeune Oni. C’était juste sa vision qui imposait lui en tant que leader, avec un Conseil élargi.

- « Nous avons une occasion unique, Amagiri. Les Humains sont en train de s’entre-déchirer, et nous pouvons, nous devons, profiter de cette occasion pour tirer notre épingle du jeu. Nous ne sommes plus assez pour faire nos petites combines dans notre coin, sans savoir si ce que nous faisons a une influence ou non sur les autres clans. Devant les Humains qui s’agitent, et pensent en « race » et « religion » et « couleur de peau », il est important, plus que jamais, que nous réalisions que nous sommes avant tout des Onis. Toi, moi, eux.
Je veux savoir si les Mibu sont encore vivants. Et s’ils le sont, je veux qu’ils se rangent à mes côtés pour former une seule… race. Nation. Clan. Tu appelles ça comme tu veux. »

Les détails de qui, quoi, quand, on verra après. L’essentiel était de convaincre, et comment le faire s’il n’arrivait pas à persuader son propre bras droit ?

Chikage regarda Amagiri à travers ses mèches blondes, dardant ses yeux carmins sur son mentor.
- « Est-ce que c’est un projet que personnellement, tu pourrais soutenir ? »
Qu’importe les traditions, on aura beau dire, Amagiri n’était pas à ses yeux un membre du Conseil. Au pire, il était en prêt temporaire auprès de ce groupe de comploteurs. Amagiri n’appartenait qu’à lui, Chikage Kazama, et personne, pas même les Dieux, feront qu’il se séparera de son soutien.
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Kyuuju Amagiri
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Oni - Kazama - Bras droit de Chikage
MessageSujet: Re: Home sweet home ? [PV Chikage]   Ven 14 Avr - 19:23

Ledit soutien en prêt temporaire –et qui l’ignorait par la même occasion- porta la tasse de thé à ses lèvres avec une précaution inattendue venant d’un gabarit comme le sien. On aurait pu croire qu’à la moindre crispation, la tasse en céramique volerait en éclats. Heureusement, Amagiri était l’incarnation du « self-control » -il aurait même pu inventer le concept-, même lorsque le sourire éminemment satisfait de Chikage n’échappait pas à son regard acéré. Il ne lui fallut guère plus de quelques secondes pour comprendre qu’il venait de servir sur un plateau d’argent la nouvelle que le jeune Oni attendait depuis le départ. Il ne posa aucune interrogation, certain que ce dernier se ferait une joie d’éclairer sa lanterne.
Et il avait raison.

Kyuuju appréciait quand Chikage se montrait honnête dès le départ, car cela faisait gagner un temps considérable. Le verbiage et autres ornementations du langage, ce n’était pas trop pour lui. L’héritier des Kazama, quant à lui, se révélait beaucoup plus habile dans l’art de la manipulation et il le lui apprit une nouvelle fois, au cas où Kyuuju l’aurait oublié.

« Cela ne fait aucun doute », commenta t-il stoïquement face à l’aveu de Chikage.

C’était ça le problème avec Kazama, et ce depuis des années : on ne savait jamais ce qu’il se passait dans sa tête. A la limite, Kyuuju le savait peut-être un peu mieux que certains, vu le temps qu’ils avaient passé ensemble, mais le blond arrivait encore et toujours à le surprendre. Alors, dans un couple, c’était très bien… mais dans ce genre de cas, cette imprévisibilité obligeait le roux à devoir constamment s’adapter à ce qu'il n'avait pas forcément vu venir.

On ne pouvait pas dire qu’il côtoyait la monotonie avec Chikage.

« Certains ne seront pas prêts à renoncer à une partie de leur pouvoir », ajouta Amagiri, tandis que le plus jeune des deux Oni marmonnait dans sa barbe inexistante.

Il valait mieux, en effet, se montrer prudent avec le Conseil. Une idée pouvait vite être cataloguée de mauvaise pour la simple raison qu’elle avait été évoquée par un autre et non soi-même.

Réunir les clans pour une cause commune, c’était faire front ensemble. Et faire front ensemble impliquait une certaine transparence de la part de chaque clan. Sans parler de la désignation d’un leader, mais le petit doigt d’Amagiri lui soufflait que Chikage savait parfaitement qui pourrait endosser le rôle… Cela dit, Amagiri avait davantage confiance en Kazama qu'en quiconque.

Toutes ces données valaient bien une petite gorgée de thé, histoire de digérer tout ça. Kyuuju porta de nouveau sa tasse à ses lèvres, tandis que Chikage se lançait dans une argumentation digne d’un politicien. Il n’était peut-être pas le meilleur des diplomates, mais il savait se montrer particulièrement convainquant. On ne pouvait lui ôter son charisme. Amagiri ne pouvait s’empêcher de ressentir de la fierté, un peu comme un père qui se rend compte que son garçon est devenu un homme. Bien entendu, cela ne se voyait absolument pas sur son visage, mise à part une lueur d’approbation dans son regard.

« Ce ne sera pas simple » , prévint-il. « Certains te reprocheront de viser haut. De plus, nous ne savons rien sur les Mibu actuels. Peu nombreux sont ceux qui sont sortis vivants de la forêt d’Aokigahara. Il faut s’attendre à rencontrer une certaine opposition auprès de nos semblables. »

Il fit une pause, considérant la situation dans son ensemble. « Cela dit, je suis fatigué des discussions stériles. »

Calmement mais sûrement, il reposa la tasse de thé et observa Chikage. Les années passaient, mais il y avait des choses qui ne changeaient pas :

« Je te suivrais. »

Simple, clair, précis, ni plus, ni moins.

« Quand prévois-tu de partir ? »
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Chikage Kazama
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Oni - Kazama - Leader du Clan
MessageSujet: Re: Home sweet home ? [PV Chikage]   Mar 18 Avr - 12:08


Ce qui n'était qu'une remarque presque comme une autre toucha Chikage. Exactement comme Amagiri le resentait, le blond pouvait se targuer de connaître son mentor mieux que quiconque. Il n'y avait que peu de souvenir où Kyûju n'était pas présent. Moitié grand-frère, moitié professeur, père par subsitution une fois que Taiga mort au champ d'honneur, il était une des rares constantes dans sa vie. Certes la différence d'âge faisait que Chikage ne pouvait pas lire en lui comme son aîné pouvait le décrypter – d'autant plus que les abords inébranlables d'Amagiri rendait la lecture difficile à moins d'être un archéologue adepte de géologie. Mais il savait ce que cachait, grosso modo un plissement de paupière, un pincement de lèvres, un soupir ou un mot.

- « Certains... comme moi peut-être ? » C'était un peu le bâton pour se faire battre, mais s'il y avait une chose que Chikage avait apprise, c'était que remettre une leçon de morale kyûjuesque à plus tard revenait à se prendre un tsunami plus qu'une vague dans la face. Or, en dépit de tout ce que Hanako pouvait penser, Chikage n'était pas adepte du masochisme. Le sadisme, il ne dirait pas, mais le maso, non merci. Après, si Amagiri décidait de ne rien dire, il ne pourrait plus râler – enfin, s'il connaissait le concept – plus tard : il avait eu la chance de s'exprimer et avait choisi, par volonté ou ignorance, de ne pas le faire.
Si Chikage s'imaginait chef de la future coalition, ce n'était pas simplement par pur orgueil, même s'il y avait une bonne dose de fierté masculine et héréditaire. Il était né chef de famille, chef de clan. Toute son enfance, son éducation, tout en lui avait été arrangé comme une sculpture parce qu'il était amené à mener un jour. Qu'importe qu'il en eût l'envie ou la nature pour. On l'avait fait devenir chef. On serait allé jusqu'à contraindre sa nature pour cela. Dans le cas du blond, il n'y avait pas eu à trop forcer les choses, car il avait une pré-disposition pour se mettre dans la lumière.
Une affirmation qu'il ne pouvait pas forcément appliquer aux autres chefs. Les Yukimura n'étaient même pas une question. Personne ne voudrait jamais recréer le clan de l'Est. Les Gozen ? Ah, Suzuka avait été une chef, et même au-delà. Actuellement, Sen était encore plus jeune que lui, et elle dirigeait presque seule, le Conseil des Gozen n'ayant qu'un poids minime. Alors que lui avait toujours partagé son pouvoir, et c'était bien là une perspective qui séduirait le clan du Nord. Pas forcément la chef, forcément, mais les autres familles veraient l'avantage à être plus, mieux considérées. Quant aux Mibu. S'ils existaient toujours, ils ignoraient tout du monde moderne. Le Japon avait peu changé pendant près de 250 ans, puis étaient arrivés les Etrangers, et le monde était devenu rond, sans être limité aux côtés de la Chine et de la Corée.
Sans vouloir se jeter des fleurs, Chikage ne voyait pas qui d'autre que lui pouvait prendre sur ses épaules la responsabilité de faire entrer les Onis dans l'âge moderne.

- « C'est un plan ambitieux, je le reconnais. Mais il est temps que quelqu'un fasse quelque chose pour notre race. Je ne peux pas me cacher de la réalité. J'espère que le Conseil, et les autres clans, veront la vérité de mes propos. »
A son tour, il sirota son thé. Là, il réalisait qu'il avait le cœur battant à tout rompre. Si Amagiri trouvait une faille, ou refusait son aide, son projet se retrouvait anéanti avant même d'avoir été autre chose qu'une esquisse sur un papier. Heureusement pour lui, et pour les Onis, Amagiri accepta et précéda même le jeune chef.

- « Je pensais partir dès l'hiver amoindri. Je ne vais pas attendre le printemps, mais voyager en plein hiver me semble être stupide, d'autant plus quand on va dans une forêt. De plus, j'ai des affaires ici à régler. Ametsuki, par exemple. » Et Hanako. Surtout Hanako. L'idée de quitter sa maîtresse lui pesait, d'autant plus qu'il avait encore à régler une certaine situation la concernant de près. Mais ça, c'était bien la dernière chose qu'il confierait à son bras droit. Vu qu'ils n'avaient jamais échangé sur le sujet, le roux devait peut-être croire son pupil encore pur et innocent, sur ce côté. Et quelque part, il n'avait pas tort, vu que Chikage n'avait pas eu un nombre dityrambique de maîtresse et d'amante. Ce qui justement était le cœur du problème. Cet autre problème.

- « Cela nous laisse un peu de temps pour nous préparer. Le voyage déjà.. Le répérage des lieux, autant que peu. Et préparer les différentes approches de notre discours, selon ce que nous trouverons là-bas. Ce n'est pas un travail d'amateur. » Nous, notre. Chikage avait d'ors et déjà inclus Amagiri dans son plan, comme s'il n'avait jamais douté de son accord. C'était dans ces moments là qu'on comprenait que le jeune Oni avait réellement sa place à la tête des siens : il était fait pour ce poste.

- « Si tu as des avis, des recommandations, je t'en prie. Enfin, nous avons encore un peu de temps. »
Forcément, c'est en disant des choses comme ça que les Dieux se sentaient obligés de venir pourir votre karma. Un peu comme dans les films d'horreur, quand un personnage dit « je reviens tout de suite » : tout le monde savait alors qu'il était le prochain sur la liste du tueur.
Sauf que le concept de cinéma n'avait pas encore été developpé en 1863, et Chikage tomba dans le panneau.
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Kyuuju Amagiri
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Oni - Kazama - Bras droit de Chikage
MessageSujet: Re: Home sweet home ? [PV Chikage]   Sam 6 Mai - 17:09

La remarque de Chikage provoqua chez Kyuuju un petit demi-sourire en coin. Ce n’était pas grand-chose mais comme il affichait toujours une mine austère, on pouvait presque parler de transformation sur ses traits rigides.

Sur le moment, il ne dit rien, laissant au blond le soin d'argumenter un peu plus encore.

« Un tel plan modifiera le fonctionnement des Oni depuis des décennies entières. Il me semble sensé que celui qui le propose soit prêt à mener le projet dans son intégralité. »

Il se doutait que simplement "faire quelque chose pour leur race" n'était pas la seule intention qui animait Chikage et qu'il visait un peu plus haut. Devenir chef, c’est ce qu’on lui avait inculqué dès son plus jeune âge, ce pour quoi il était né. Au sein d’un clan comme celui des Kazama, manquer d’ambition aurait été terrible. Leur orgueil quasiment pathologique était connu de tous, mais c’était cette même ambition qui les avait hissé si haut, outre leur puissance. De ce fait, on aimait rarement les Kazama. On les respectait ou, au mieux, on les admirait. Mais pour Amagiri, qui bénéficiait d’une place à part de par son statut d’ombre de Chikage, les choses étaient différentes. Le roux était convaincu que Kazama nourrissait réellement un idéal pour les Oni, même s'il avait sa façon à lui de l'exprimer et que, forcément, il voulait obtenir sa place. De choix, si possible. Et si place il n'y avait point, alors nul doute qu'il la créerait. Cela dit, aux yeux de Kyuuju, Chikage avait assez d'ouverture d'esprit pour faire entrer leur race dans une ère nouvelle. Lui, avec ses 200 ans et des poussières -des moutons de poussières alors, mais il s'était arrêté de compter à partir de là- il n'était pas le mieux placé pour porter les nouveaux espoirs des Oni. Il connaissait bien trop l'ancien système et il s'y était habitué. Il n'y avait rien de pire que l'habitude. C'est pourquoi, il faisait confiance à Chikage pour apporter autre chose. Et c'était également l'une des principales raisons de son approbation, si tant est qu'il faille en donner une.

Concernant ses plans pour le départ, Kyuuju hocha la tête. Partir en pleine vague de froid aurait, en effet, peu de sens.

« Mieux vaut se garder des choix dictés par la précipitation », approuva t-il.

L’attente pouvait porter ses fruits, dans certaines situations. Après, il ne fallait pas trop attendre non plus. On ne savait jamais de quoi demain était fait.
Pour l’heure, Kyuuju se trouvait satisfait en constatant que Chikage avait bel et bien réfléchi à la manière de mener son plan.

Il se demanda tout de même quelles affaires il pouvait bien avoir à régler mais il ne posa aucune question. Pour le moment. Il gardait l’information dans un coin de sa tête. L’heure n’était pas aux comportements intrusifs. Néanmoins, il espérait trouver de lui-même ce que manigançait le blond. L’idée qu’il ne lui en parle pas le rendit plus suspicieux encore. Quel était donc ce sujet que Kazama ne pouvait même pas évoquer face à lui, et dissimulait plus ou moins habilement derrière l'exemple d'Ametsuki ? Bien entendu, il était bien loin de se douter du sujet dont il était question. Chikage avait beau afficher les cent ans passés au compteur, ce qui représentait déjà beaucoup comparé à un Humain, ce n’était visiblement pas assez pour Kyuuju, qui se refusait encore à lui voir une vie sexuelle.

Il chassa ces interrogations de son esprit en portant une nouvelle fois sa tasse à ses lèvres.

« Pour ce qui est du repérage, je peux m’en charger », proposa t-il posément.

Trouver quelqu’un de confiance et s’assurer qu’il remplirait à bien sa mission prendraient trop de temps, là où il y avait d’autres points à régler. Et puis, on n’était jamais mieux servi que par soi-même, non ?

« Il y a un point que je suis cependant obligé de soulever. »

Et oui, ce n’était pas nouveau ; même avant qu’il ne devienne membre du Conseil, Kyuuju était un casseur d’ambiance. On pouvait lui mettre sous le nez un rapport admirablement détaillé en plusieurs parties avec en prime introduction et conclusion, et tout ça sans faute de syntaxe, lui il trouverait toujours le petit « mais » détestablement rationnel qui coupe court à toutes les passions.

« Satsuma », exposa t-il avec un suspense de quelques secondes, histoire d’instaurer le climat. « Que feras-tu si ces derniers requièrent tes services ? Un refus sera pris comme une insulte. »

Bien sûr, Kyuuju ne précisa pas que perdre leur soutien à un tel moment, sans connaître encore l’issu de leur quête, compliquerait grandement la situation du clan. Sa remarque le sous-entendait et il ne douta pas que Chikage le comprenne.
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Chikage Kazama
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Oni - Kazama - Leader du Clan
MessageSujet: Re: Home sweet home ? [PV Chikage]   Dim 7 Mai - 20:17


L'avantage des discussions avec Amagiri, c'était que beaucoup était dit en peu de temps. On ne tournait jamais autour du pot, sans pour autant perdre le nord ou le sens des convenances. Si tout le monde était comme le roux, le monde tournerait rond, même s'il serait terriblement ennuyant.
- « Il y a une chose que j'ai apprise ces derniers temps. Ce n'est pas parce qu'on a une idée, qu'elle est bonne, et ce n'est pas parce qu'elle est bonne qu'on est à même de la mener à bien. Ce n'est pas tant une question de volonté, que de possibilité. La volonté n'a jamais été un problème chez moi. Ni chez mon père ou ma famille, si je dois en croire les faits. Les capacités, par contre. Et vu que tu m'as appris à peu près tout ce que je sais... la question revient à « as-tu été un bon sensei », Amagiri. » Assez fier de ton petit tour de passe-passe rhétorique, Chikage s'accorda un sourire goguenard, avant de redevenir sérieux. Si la question avait été étirée à l'extrême, son fondement existait pour la bonne raison qu'il était solide. Chikage pourrait-il devenir le chef des Onis, un vrai, bon chef qui menera pour de vrai sa race dans une ère nouvelle, et techniquement, de prospérité.

- « Si tu le souhaites, mais je ne t'oblige pas à partir pour le territoire Mibu maintenant. D'autres Onis du clan peuvent faire ce repérage. Il me déplaît de me séparer de toi, et il me déplaira encore plus qu'un membre du Conseil disparaisse ou ait des ennuis dans un territoire où techniquement il n'a rien à faire. » C'était un sujet délicat. Le Conseil n'était pas au courant du projet véritable nourri par Chikage, et il ne serait pas consulté plus que ça, Or, Amagiri était un membre du Conseil, et devrait rapporter à ses pairs tout ce qu'il voyait, verrait etc. Franchement, cette histoire de loyauté commençait à lui courir sur le haricot. « Je crois que je vais finir par faire un caprice et exiger de ton frère qu'il nomme un autre Ancien. Tu es à moi bien plus que tu es à lui. » C'était une chose très égoïste à dire, mais c'était aussi une très jolie déclaration d'amour.

Quand Amagiri indiqua avoir trouvé un point faible dans ce que le blond pensait être un plan parfait, ce dernier haussa un sourcil étonné, contrarié et tout de même circonspect. Ainsi donc il y avait une faille ? Pourquoi pas, il laissait une chance à son mentor de s'expliquer. Et en guise de réponse à l'objection qui semblait pourtant cohérente, le roux reçut un ricannement acide.
- « La famille Shimazu devrait se rappeller que nous colaborons avec eux en tant qu'alliés, au nom d'une dette d'honneur. Nous ne sommes pas leur serviteur. Une dette d'honneur, ça implique que les deux parties concernées en soient pourvues. Or, si le domaine Satsuma devait faire preuve de coercition pour exiger le paiement de cette dette, alors j'aurais la preuve qu'il n'y a pas une once d'honneur chez eux. Ainsi j'estimerai que nos obligations envers les Humains sont réglées. » Chikage eut un sourire fin, celui du chat qui a mangé l'oiseau tout cru. « Quand le temps sera venu pour nous de partir, j'informerai le Domaine de mon absence pour une durée indéterminée, et ils feront avec. » Une faille, dans son plan ? Tsss, homme de peu de foi, Amagiri... Tu devrais pourtant savoir qu'au jeu du plus sournois, les Kazama étaient nés avec une longueur d'avance.
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Kyuuju Amagiri
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Oni - Kazama - Bras droit de Chikage
MessageSujet: Re: Home sweet home ? [PV Chikage]   Ven 26 Mai - 18:51

Hors RP:
 

Amagiri écouta Chikage avec attention, comme il le faisait toujours. Il avait toujours eu cette façon qui lui était propre de prêter une oreille attentive à chacun, même sur des sujets ennuyeux. Par chance, les conversations avec le blond étaient rarement ennuyeuses. Et puis, Kyuuju trouvait toujours un moyen de prêcher sa bonne parole sur les questions de discipline et de sens du devoir.

Il aurait presque pu s’entendre parler, si la réplique de Chikage n’avait pas été si longue. Néanmoins, il continuait à croire que quiconque proposait un plan de cette ampleur devait être capable de le mener jusqu’au bout. C’était ça le sens des responsabilités, mais il saurait le rappeler au jeune Oni si celui-ci l’oubliait.
Amagiri pouvait être considéré comme une sorte de… conscience portative.

« L’avenir nous le dira », conclut-il comme il savait si bien le faire et sans trop se mouiller non plus.  

Il espérait bien avoir été un bon professeur. Si ce n’était pas le cas… il ne s’en remettrait probablement pas. Bon peut-être que son esprit pragmatique le conduirait plutôt à tirer des leçons de ses erreurs ; il ne fallait pas l'imaginer tout de suite roulé en boule dans son futon avec une tisane, ce n'était pas le genre de la maison. Même dans la déprime, il était probable qu'il reste moralisateur.
Quoiqu'il en soit, c’était le genre de situation dans laquelle Amagiri ne voulait absolument pas commettre le moindre faux pas, que ce soit pour Chikage, feu Taiga, son propre père, ou lui-même. Une sorte de petite faille bien cachée dans la forteresse.

« Mais je te fais confiance pour ne pas me décevoir », ajouta t-il pour inverser de nouveau les rôles.

Certes, il avait peut-être appris ce qu’il savait à Chikage, mais tout le reste dépendait de lui seul. Et on pouvait dire qu’il avait de la ressource, bien que son tempérament impétueux ne soit pas toujours du goût d’Amagiri, lequel aurait eut des cheveux blancs bien avant l’âge s’il n’était pas un Oni.

Le Conseil ne tarda pas à revenir sur le tatami. Il était vrai que la mission comportait des risques et que la position d’Amagiri restait à prendre en considération. Kyuuju n’était pas du genre à fanfaronner sur sa force colossale –bien qu’il aurait pu- mais il nota que Chikage partait du principe qu’il lui arriverait forcément quelque chose… Heureusement qu’il n’était pas susceptible.

« Envoyer un membre du Conseil pourrait servir de gage de bonne foi et montrer la considération que nous portons au clan. D’après ce que j’en sais, les Mibu ne doivent pas en être à une vanité près. De plus, je pourrais faire un rapport détaillé de ce que j’ai vu. »

Il savait bien que derrière les soucis qu’une telle action pourrait engendrer au niveau du Conseil, Chikage s’inquiétait sincèrement pour lui et la réplique qui suivit le conforta dans cette idée, lui arrachant même un sourire discret. Comment pouvait-il cesser de considérer le blond comme un tout jeune Oni, lorsque celui-ci prononçait de telles paroles ?

Cela dit, Kyuuju était avant tout à lui-même, ce que Kazama oubliait ou choisissait d’ignorer. Mais, le roux ne se voyait pas lui répondre ça. Quelque part, il était touché du fait que, malgré son entrée au Conseil, il conserve une place dans la vie de Kazama. En dépit du tempérament égoïste du blond, Amagiri ne pouvait s’empêcher de toujours le considérer avec bienveillance. Shiranui se moquerait sans doute de lui s’il se trouvait là et –justement- Kyuuju se félicita que ce ne soit pas le cas.

« Un bon chef doit savoir céder du terrain pour forcer le respect des siens », argumenta t-il à grand renforts de morale.

Or, la morale ne lui fut d’aucun secours concernant les Satsuma, s’il en jugeait l’air contrarié de Chikage, lequel possédait depuis longtemps –si ce n’est toujours- un véritable don pour tout tourner en sa faveur. Un fin soupir franchit les lèvres d’Amagiri, qui fit comme s’il n’avait point remarqué le sourire de Chikage.

« Alliés, serviteurs, parfois, cela ne fait pas de grande différence », souleva le colosse qui, durant sa longue vie, avait pu constater à quel point les alliances pouvaient revêtir une forme d’esclavage. Les relations aussi, d’ailleurs.
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Chikage Kazama
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MessageSujet: Re: Home sweet home ? [PV Chikage]   Mer 31 Mai - 16:37


La conscience portative qui avait peur de boucler en se mouillant reçut, pour tout état de cause, une moue peu enthousiasmée. Certes, Chikage ne s'attendait pas à ce qu'Amagiri chantât ses louanges ou sortît les pompons pour enchaîner les pirouette en mode « go Chikage-sama, go. » Cependant, il aurait aimé un peu plus de soutien ouvertement affiché. Amagiri étant Amagiri, on pourrait presque se demander s'il n'avait fait que se dérober pour ne pas exprimer toute sa contrariété dubitative. Finalement, croyait-il ou pas en son chef ? Heureusement que Chikage connaissait le roux depuis toujours et qu'il savait interpréter le moindre mouvement de sourcil. Ça, et que quelque part, être orgeuilleux avait cet avantage qu'il ne se souciait pas vraiment de ce que les autres pensaient de lui.
Amagiri compris.
Même si son mentor avait, et aurait, toujours une place bien à part, et resterait une des rares personnes dont il craindrait la désapprobation. En fait, il faisait partie d'une Sainte Trinité : il y avait lui, sa mère et très récemment Hanako.
Il se contenta donc de renifler d'un air entendu, comme s'il n'avait pourtant pas entendu le défi lancé par son aîné, et se perdit dans la contemplation des reflets du soleil dans sa tasse de thé.

- « Un Ancien dans la délégation officielle, oui, ça pourrait flatter les Mibu, s'il sont encore en vie ; par contre, un Ancien qui vient faire du repérage sur les terres pourtant déclarées interdites pour tous, Humains comme Onis, c'est une position dans laquelle je ne suis pas sûre de vouloir plonger le clan. » Surtout si l'Ancien était capturé et traité comme un espion. Et il y avait toujours cette histoire de museau qui tranaît. Parfois, Chikage enviait Sen, qui régnait en reine débonnaire sur son clan. Elle faisait à peu près ce qu'elle voulait, tant qu'elle respectait les conventions. Les protocolaires commes les tacites. Lui ? Lui devait ronger son frein et faire jeu égal avec les copains du bac à sable. Pô juste.  « S'ils ne me respectaient pas avant, ce n'est pas ça qui va changer quoi que ce soit. » trancha-t-il enfin. Sur ce dossier des Mibu, il allait jouer la juste séparation des pouvoirs. Non seulement ne voulait-il pas mêler les siens à ce qui pourrait être pris comme une agression – auquel cas mieux valait plaider une initiative personnelle qu'officielle du clan de l'Ouest tout entier – mais aussi voulait-il assurer un futur à la race oni où le pouvoir était concentré dans les mains de peu de personnes, toutes capables, et si possible, le moins possible de mains. Les siennes, Amagiri... selon ce que les Mibu pourraient être, et puisqu'il le fallait Sen Gozen. Mais s'il pouvait se passer des deux derniers, il ne dirait pas non.

- « Si, Amagiri, il y a une différence Allié veut dire égaux ou intérêt partagé, serviteur en aucun cas n'indique autre chose qu'un dominé et un dominant. Les Kazama et le clan de l'Ouest ne sont au service que de la terre. Et encore, quand on voir ma tante, on se pose la question. Si les Humains ont d'une manière si pratique confondu les deux termes, pas moi.. Le jour est proche, Amagiri, où Satsuma n'aura aucun prise sur nous. Ça, j'en fait le serment. »
Et les promesses de Chikage Kazama avaient leur poid, comme les dettes des Lanister dans un autre monde.
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Kyuuju Amagiri
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Oni - Kazama - Bras droit de Chikage
MessageSujet: Re: Home sweet home ? [PV Chikage]   Dim 4 Juin - 18:30

Le roux observa avec stoïcisme ce qui ressemblait à de la déception. Sa réponse en demi-teinte avait sans doute déplu au jeune Oni en face, mais il restait un être mesuré, sauf exceptions totalement exceptionnelles. Mais après tout, n’avait-il pas accepté son plan ? Ne se rangeait-il pas une fois de plus de son côté, alors qu’il siégeait à présent au Conseil des Anciens ? A son âge, Kazama était en mesure de prendre des décisions sans guetter l’encouragement d’un parent devant son enfant qui part acheter tout seul ses dango. Oui, Chikage était « un grand » quand ça arrangeait Amagiri. Et puis, de toute façon, il fallait bien quelqu’un pour tempérer les élans parfois un brin mégalomanes du blond. Parce que oui, on pouvait bien affirmer qu’il avait tendance à voir les choses en grand, là où Amagiri se contenterait bien d’une bonne petite paix qui lui permettrait de vivre paisiblement dans un coin tranquille. Cela dit, il pensait aux générations futures des Oni –si générations futures il y avait- et il fallait bien agir afin de préserver leur lignée. Il était d’accord là-dessus et il croyait en Chikage tel un militant convaincu derrière son candidat aux élections. Il ignora donc le petit reniflement de ce dernier, seule réponse à son défi et se demanda si un jour le caractère de Kazama s’assouplirait. Avec l’âge, cela empirerait probablement, aussi y avait-il peu d’espoir.

Le sujet du Conseil revint alors sur la table tel un inopportun persistant. Le principe d’Ancien -et par extension de Conseil des Anciens- ne recevait pas l’approbation du plus jeune, cela ne faisait aucune doute. Kyuuju le savait déjà depuis longtemps et si, lui, acceptait la situation avec pragmatisme, il constatait qu’il n’en allait pas de même pour le blond, qui prenait parfois des airs d’animal sauvage mis en cage. Le Conseil réfrénait les ambitions de l’héritier des Kazama, c’était un fait. Surtout en considérant que, parmi eux, siégeait sa tante. Et Hitomi Kazama n’était pas le genre de femme Oni qui accepte que l’on marche sur ses plates bandes. Le roux se méfiait d’elle, bien qu’il éprouvât un certain respect à son égard ; mais, en tant qu’Ancien et membre du clan, il ne pouvait pas ignorer la voix de cette dernière.  

Comme le jugement de Chikage était fondé et qu’il convainquit Amagiri, ce dernier hocha la tête.

« Ta décision est mienne. De toute façon, je pense que le Conseil se serait également opposé à ma proposition. »

Bon, il aurait peut-être pu éviter cette dernière remarque, seulement c’était vrai. Et Kyuuju disait toujours la vérité.

Quoiqu’il en soit, Chikage avait raison sur ce point : il valait mieux se montrer prudent avec le farouche clan Mibu. Mieux valait prendre son mal en patience que de foncer tête baissée dans des ennuis. Et puis s’il avait l’opportunité de se rendre utile auprès de son jeune chef, alors il le ferait. Bon, bien entendu, il ne fallait pas que sa loyauté envers le blond entre en conflit avec son statut d’Ancien, mais ça c’était devenu une problématique coutumière, un vrai travail à temps plein.

Kazama entra dans une explication des différences entre alliés et serviteurs, un raisonnement totalement fondé, mais Kyuuju persistait à penser que beaucoup avaient tendance à mélanger les deux. Cependant, il garda ses pensées pour lui, se contentant de répondre à la promesse de Chikage.

« Je mentirais en affirmant que je ne souhaite pas voir arriver ce jour. »

Et il croyait lui aussi que ce jour viendrait. Kyuuju avait beau avoir l’air de toujours prendre les situations comme une fatalité et de composer avec en faisant au mieux selon ses principes, il aimerait pourtant pouvoir un jour s’affranchir de certains liens. Ceux avec Satsuma en étaient le parfait exemple. Il ne méprisait pas les Humains, c’était un fait ; or, il ne voyait rien de bon à demeurer trop longtemps auprès d’eux. Si les Oni pouvaient obtenir leurs propres terres, reconnues en tant que telles, alors il y aurait peut-être de l’espoir pour leur lignée.

Ces réflexions le conduisirent sur un sujet évoqué par le Conseil et dont il n’avait jamais discuté avec le blond. Il l’observa un long moment sans trop savoir comment l’aborder. En général, il n’hésitait jamais lorsqu’il prenait la parole. Seulement, là… c’était différent.

Il choisit donc la meilleure façon de s’exprimer selon lui, soit en peu de mots.

« Il serait également bon, dans les intérêts du clan, que tu songes au mariage », laissa t-il tomber comme un boulet de canon lâché en pleine campagne.
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Chikage Kazama
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MessageSujet: Re: Home sweet home ? [PV Chikage]   Mar 6 Juin - 21:00


Impérial dans sa victoire, Chikage se rengorgeait déjà de son succès total. Cela présageait beaucoup, et beaucoup de bien, pour le reste de sa mission. Des auspices favorables, voilà qui étaient bon signe. Oui, les Onis croyaient aux Dieux et aux forces divines, et il n'y avait pas plus supercitieux qu'un Oni, essentiellement parce qu'un Oni n'avait pas peur de la nuit, mais de ce qui s'y cachait. La connaissance de la nature des Yôkai ne rendait pas ses derniers moins redoutables.

Un détail cependant.
De taille.
Amagiri.

Ce type avait le don pour vous gâcher les moment de vanité suprême.
C'était un sournois en fait.

Chikage s'étouffa avec sa coupe de thé et il en fallut de peu pour qu'il recracha à la tête de son interlocuteur sa boisson, en une très belle imitation du lama, créature que le Japan allait peut-être découvrir en la personne du blondinet. Il en avait l'attitude et le poil, après tout.
Spoiler:
 
Il toussa, se reprit avec un soupir et réussit tout de même à ré-adopter l'attitude nonchalente qui était la sienne.

- « Je sais. » L'image de Hanako flotta devant lui. Oui, il savait. Douloureusement. « La question se pose d'autant plus que ce petit projet demande un minimum de confiance et de … bonne volonté... en général, on hésite à porter la main sur le mari de sa nièce, fille, sœur ou je ne sais. » Il soupira. Lourdement. Lui qui avait toujours contemplé la question de loin savait qu'il avait toutes les chances de sortir de la forêt Mibu, ou du palais de l'empereur, marié à une jeune Oni de rang convenable, au nom des alliances politiques. « Puisqu'on parle du sujet, j'espère que tu te rends compte que tu es dans la même position que moi, et moi, j'ai encore le temps de voir. Tu ne ne te fais pas plus jeune, et j'ai envie de voir ta progéniture gambader ici. » Il conclut le tout avec une levée de sourcil entendue, presque moqueuse. A ce petit jeu, lui aussi pouvait jouer... et gagner.
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Kyuuju Amagiri
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MessageSujet: Re: Home sweet home ? [PV Chikage]   Mar 13 Juin - 17:17

Kyuuju hésita pendant un instant à porter secours à Chikage en lui tapant dans le dos, mais il était assez probable que par ce simple geste, il lui fasse cracher ses poumons en plus du thé. Pas sûr que le blond apprécie. Et puis, l’Ancien était convaincu qu’un Oni de la trempe de Kazama ne mourrait jamais en s’étranglant avec du thé, surtout après avoir débattu de l’avenir de leur race et son rôle à jouer dans cette entreprise. Certes, cela prouverait que le destin avait un certain sens de l’humour, mais toutes les blagues ne sont pas drôles et celle-ci ne ferait pas rire du tout Amagiri. Si tant est qu’une blague l’ait déjà fait sourire.  

« Je suis heureux de te l’entendre dire », ajouta Kyuuju sans s’émouvoir du peu d’entrain que le blond avait mis dans sa réponse alors qu'il reprenait son attitude kazamiesque.

Kyuuju, lui, retrouva quant à lui son aura du professeur qui fait sa leçon et qui met du cœur à l’ouvrage :

« La confiance est absolue ou elle n’est rien ; et elle se fait bien rare dans le jeu des alliances. Le mariage est une garantie que les deux partis concernés tiennent leur parole, un gage de "bonne volonté" pour reprendre ton expression. »

Il n’était pas certain que son raisonnement parvienne à convaincre Chikage, mais au moins on ne pourrait pas dire qu’il n’avait pas essayé.

Un fin sourire étira les lèvres de Kyuuju devant la dernière remarque du jeune Oni. Il se sentit brusquement vieux.  

« J’ai plus d’années au compteur, mais je pèse moins lourd dans la balance politique. »

La différence avec Chikage, c’est que lui aurait probablement davantage de choix, dans le sens où on ne le contraindrait pas à épouser une Oni d’un rang au minimum égal au sien. Il avait également moins de pression sur ses épaules, n’étant pas chef de clan. Bien entendu, ça c’était si Kyohei décidait de ne pas s’en mêler. Si son frère aîné souhaitait consolider une alliance pour le bien du clan Amagiri, on penserait sans doute à lui et il n’aurait pas davantage son mot à dire.

En vérité, cela ne lui plaisait pas de rappeler à Chikage ses devoirs sur ce sujet. Il aimerait que son disciple puisse choisir la personne avec laquelle il fonderait une famille. Kazama était un peu comme lui ; il était si empêtré dans les histoires de clan qu’il en oubliait parfois de chercher son propre bonheur. Être heureux n’était jamais simple pour ceux qui flirtaient avec le pouvoir ; c’était souvent même un sacrifice nécessaire pour obtenir plus d’influence. Alors, oui cela ne lui plaisait pas, mais Kyuuju ne pouvait pas le montrer. Il se devait de rappeler à Chikage quelles étaient les attentes liées à son rang, telle une machine répétant inlassablement les mêmes choses.

Peut-être le roux avait-il déjà une progéniture quelque part qui sait. Il n’avait jamais revu ses anciennes conquêtes. Il s’était montré respectueux. Trop, sans doute. Il était bien conscient que son mode de vie ne conviendrait pas à une compagne, aussi s’était-il contenté d’aventures. Mais Chikage avait raison. Il se faisait vieux et il serait temps qu’il songe à se poser.

Conscient que ses réflexions l'avaient laissé un moment silencieux, il s'extirpa de sa torpeur. Un rire grave comme le son d’un torrent sortit de ses lèvres.

« Je te proposerais bien de me laisser ta place de soupirant, mais une noble Oni –comme sa famille- préfèrera un jeune et beau prétendant tel que toi. »

Une lueur amusée passa brusquement dans son regard électrique.

« A moins qu’il n’y ait déjà quelqu’un d’autre et que ce soit à elle que je doive ces gros soupirs. »

Kyuuju avait toujours été quelqu’un de perspicace. Or là, en l’occurrence, il n’était pas certain de ces propos, raison pour laquelle il laissa volontairement planer sa phrase.
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Chikage Kazama
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MessageSujet: Re: Home sweet home ? [PV Chikage]   Sam 24 Juin - 16:43

[hrp] Désolée, je t'ai presque oubliée dans ce mois de juin qui est assez intense niveau boulot. Presque ^^ Je me suis réveillée hier soir en m'exclamant « Je dois une réponse à Amagiri ». Mon subconscient est donc à jour, lui...[hrp]


Parfois, Chikage se demandait ce qui se passait dans la tête d'Amagiri. Le blondinet n'était pas vraiment d'un naturel curieux, et puisqu'il n'aimait pas qu'on vienne fouiner dans ses affaires, il avait le minimum de décence de rendre la pareil à autrui. Cependant, étant chef, il avait la possibilité, et presque le devoir, de tout savoir sur tout. Délicat équilibre entre besoin et envie, que cette recherche d'information. Le cas « Amagiri » lui donnait ainsi presque l'envie d'être télépathe et de pouvoir entendre les pensées de son mentor. Cela venait surtout du fait que le roux continuait, même après tout ce temps passé à ses côtés, à le surprendre. Alors qu'au bout d'un moment, on arrivait à lire l'autre, à prédire presque gestes et mots, Kyûju échappait à cette sorte de contrôle.

Chikage fronça les sourcils. Donnait-il vraiment l'impression d'être naïf au point de ne pas ignorer qu'un mariage n'était qu'une prise d'ôtage emballée dans un peu de protocole, beaucoup d'hypocrisie, un voile et un banquet ? Il espérait que non. Parce que là, c'était pathétique. Oui, les familles prétextaient que le mariage empêchait les agressions, parce que « nous étions tous de la même famille maintenant », mais l'union permettait surtout à un clan d'avoir la main sur un ôtage... et de pouvoir placer des pions au sein de l'organisation « d'en face ». Combien de fois Chikage avait assisté à ce genre de tour de passe-passe, dans le monde des humains. Par « mariage », et par des décès plus ou moins coïncidentiels, un clan passait d'un leadership à un autre, puisque le seul héritier mâle se retrouvait être le fruit de l'union de X et Y. Et zou, emballé, c'est pesé. Faites l'amour, pas la guerre, qu'ils diraient, mais pour ce que Chikage pouvait en voir, il n'y avait aucune différence. C'était bien pour ça qu'il avait fait de Hanako sa maîtresse. Elle restait donc en dehors des sordides histoires familiales.

- « Et dire que c'est moi qu'on traite de cœur de pierre. Franchement, Amagiri, ta vision du mariage est d'un cynique. » se contenta-t-il de constater. Il n'y avait nul besoin de railler ici. « La confiance, ça se gagne aussi. Sinon, aucune alliance ne tiendrait. Il faut du temps pour gagner la confiance de l'autre, hors les négocations politiques n'en laissent jamais. C'est étrange que même notre race continue à user de ces moyens pourtant bien … indélicats.  »
Indélicats. C'était une façon de le dire.

- « Tu pèses moins lourd, mais ne te leure pas, Amagiri. Si je devais refuser une alliance, et te proposer à ma place, beaucoup approuveraient. Tu es mon bras droit, et tu as toute ma confiance. Ta femme sera capable de me cotoyer régulièrement, tout en ayant une certaine sécurité. Alors que ma femme devra faire front aux jalousies, médisances, sans même parler des « simples » responsabilités qui seraient les siennes en tant que femme du chef de clan. Si j'avais une fille, je préférerais la marier à quelqu'un comme toi, que quelqu'un comme moi. En terme de rang. » Parce qu'en termes de caractère, Chikage se demanderait bien ce que sa fille pourrait voir dans un type comme Amagiri. Il fallait du temps pour comprendre la pépite que le doux géant pouvait être, et une jeune femme avait rarement de la jugeotte pour ça. « Tu n'es pas mal non plus, et tu as la sagesse. Surtout que moi, je ne prétends à rien, si ce n'est à la paix. Ce sont les autres qui prétendent à ma main. » Prince Chikage ne recherchait pas de femme, c'était les familles qui lui proposaient leurs filles. C'était comme ça, et pas autrement. L'égo de Môssieur ne le permettrait pas.

La séance d'harponnage commençait à agacer Chikage. Il savait pourquoi Amagiri avait abordé le sujet, et insistait, et s'il était à ce point agacer, c'était parce que pour la première fois de sa vie, Chikage se retrouvait incapable de répondre, clairement, net et rapidement, que non, tout cela pouvait attendre.
- « Il n'y a personne digne de ma main, en effet. » Il esquiva avec une jolie pirouette. En effet, Hanako n'était pas digne de l'épouser. Demi-sang, à peine Japonaise, et surtout, pas du tout éduquée à la Oni. Tellement d'arguments contre leur union. A vrai dire, Chikage n'avait jamais envisagé de l'épouser. C'était juste que maintenant qu'elle était dans sa vie, il avait encore moins envie de se marrier. Ni avec elle, ni avec personne.  « Je soupire parce que cette conversation m'ennuie. Avec des « si » et des « peut-être », nous aurions exterminé Humains et tous nos ennemis, et nous serions maîtres sur terre. La seule chose que je planifie, c'est ma stratégie d'attaque, et la politique demande à ce que je sois sans-coeur. Pourquoi alors me demander si j'en ai un, qui battrait quelque part ? » Les contradictions sur pattes, merci bien. Il pouvait en être une, mais il était interdit de souligner ce fait.
A Amagiri d'interpréter ce qu'il voulait, dans cette bravade. Chikage, comme à chacun de ces moments où on s'approchait trop près, se refermait comme une moule. Plus bûté que lui, ça devait exister, mais ça devenait difficile.
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Kyuuju Amagiri
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Oni - Kazama - Bras droit de Chikage
MessageSujet: Re: Home sweet home ? [PV Chikage]   Sam 1 Juil - 16:43

Kyuuju ne put s’empêcher de se demander qui traitait Chikage de « cœur de pierre ». Et surtout qui était toujours vivant après cela…
Sa vision du mariage correspondait malheureusement à la réalité des hautes sphères. Il préfèrerait en développer une autre, mais le milieu dans lequel il se trouvait ne le lui donnait pas tort. Dans la noblesse, le paraître était plus important que tout le reste. L’amour était un rêve pour les plus romantiques. Et pour les autres classes sociales.  

« Je préfère le terme rationnel ; il me sied mieux, je trouve », répondit le grand roux avec un détachement tout amagiriesque.

Quant à la confiance, il était bien d’accord qu’elle se consolidait avec le temps –il n’y avait qu’à voir la relation qui les liait tous les deux pour le comprendre- mais malheureusement, le temps leur manquait.

« Oui et je me demande comment tu comptes gagner la confiance des Mibu, justement. Du temps, nous en disposons peu, comme tu le dis si bien. »

Il partageait le point de vue de Chikage sur les mœurs de leur société oni. On ne pouvait pas dire que Kyuuju faisait encore partie de la vieille génération –même si, du point de vue des jeunes Oni, il était déjà une antiquité, quoique pas trop mal conservée- mais il avait été éduqué dans les respect de ses valeurs. Toutefois, il trouvait parfois leur système inutilement compliqué. Cela nuisait considérablement à son pragmatisme naturel.

« Notre race régresse plus qu’elle ne progresse », approuva t-il sur un ton des plus sérieux.

Et c’était bien l’une des raisons pour lesquelles il soutenait le plan de Chikage, s’il fallait en citer une.
Il savait que Kazama lui faisait confiance mais l’entendre le dire le toucha, peut-être parce que l’Oni aux yeux carmins était tout aussi avare en compliments que lui. Néanmoins, il ne se laissa point trop attendrir, pour autant. Chikage était un charmeur, même lorsqu’il n’en avait pas conscience –et Amagiri le soupçonnait d’en avoir bien assez conscience justement. Il était éloquent et savait manier les mots pour tout tourner à son avantage.

« Et après c’est moi qui aies une vision cynique du mariage… »

Malheureusement, la sagesse était une qualité qui se perdait et qui n’intéressait plus autant. Trop ennuyeux, soi-disant. Le colosse retint un haussement de sourcil en entendant Chikage rappeler que c’étaient les familles qui le courtisaient et non l’inverse. Parfois, il ignorait s’il devait plaindre ou non le blond.

Visiblement le sujet épineux du mariage avait froissé son disciple. Sa réponse évasive interpella Amagiri, mais il connaissait assez bien l’héritier des Kazama pour savoir qu’il n’obtiendrait rien de plus. A moins d’utiliser un ouvre-boîte, sauf que le concept n’avait pas encore été inventé.  

« Tu auras beau prétendre ne pas en avoir, c’est tout de même le cas », répondit-il fermement, sans se laisser démonter par l’humeur du jeune Oni. « Mais je vois… », Conclut-il simplement en sirotant le reste de son thé avant que celui-ci ne refroidisse autant que l’humeur de Chikage. Il avait adopté un ton plus léger et surtout faussement convaincu.

En vérité, Amagiri voyait bien une personne dont le rang et l’éducation correspondaient parfaitement pour en faire une digne prétendante, mais Kazama avait déjà manqué une fois de s’étrangler et il ne souhaitait pas qu’on l’accuse de vouloir tuer son disciple. Ce serait d’ailleurs un moyen très vicieux d’éliminer quelqu’un.

« As-tu besoin de mon aide d’une quelconque manière ? Puisque je suis à Kyoto, autant en profiter. Je ne compte pas repartir de si tôt dans mon village. »

Il y avait un certain soulagement dans sa dernière réplique et il se sentit un brin coupable que ce soit si visible.
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Chikage Kazama
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Oni - Kazama - Leader du Clan
MessageSujet: Re: Home sweet home ? [PV Chikage]   Dim 9 Juil - 18:00


Amagiri non rationel, c'était un monde sans le soleil : ça ne pouvait pas. Rationnel aurait été son second prénom, si les Onis et les Japonais avaient eu de telles pratiques. Chikage se contenta d'un léger frémissement de sourcil pour manifester son désaccord devant la perte de temps qu'avait été l'annonce de cette vérité bien connue.

- « Je gagnerai la confiance des Mibu en utilisant de tous les moyens possibles. Y compris te marier... y compris me marier, s'il le faut. Mais il faut garder à l'esprit qu'à un moment donné, ils n'auront pas le choix. Ça fait plus de 200 ans qu'ils vivent reclus. Leur natalité doit être encore plus basse que la nôtre, avec un risque de consanguinité encore plus fort. S'ils veulent que leur clan survive, ils vontdevoir accepter. Surtout que je n'ai aucune intention de les trahir. J'ai tout à perdre avec leur refus. Après, je ne vais pas perdre mon temps en de vaines conjonctures. Arrivera ce qui arrivera. »
Fataliste, Chikage soupira. Il n'avait aucune envie d'épouser qui que ce fût, mais s'il fallait en passer par là, alors il se sacrifierait pour le bien de sa race. Abnégation aurait été son second prénom, si on restait dans une disgression sociétale précédemment évoquée.
Le jeune Oni ne releva pas la remarque sur son cœur. Oui, il en avait un, et pas que comme élément physique ; mais il avait bien conscience qu'il n'était pas amour et empathie personnifié. Le peu d'amour qu'il avait, il l'avait étendu sur son clan, sa famille, en une sorte de sentiment presque philosophique. Le reste, il se l'était consacré : commence par t'aider toi-même, le reste suivra. Le blond était ce délicat équlibre entre réel dévouement et égocentrisme - voir égoïsme – exacerbé.

- « Profite avant tout de la villa et de la ville. Les Humains arrivent à faire de belles choses pour les fêtes de fin d'année. Il paraît qu'un festival de quartier aura bientôt lieu. » Hanako lui en avait bassiné les oreilles avec ce festival, où elle comptait aller « s'amuser ». Chikage ne voyait pas ce qu'il y avait de si drôle dans un rassemblement d'Humains puants, mais son avis n'avait pas été requis, alors que sa présence, oui. « Mais si tu y tiens, il y a toujours les Gozen à … non pas surveiller, mais... analyser ? Nos familles n'ont jamais été proches, et nos clans encore moins. Or, il va falloir remédier à cela. Peut-être pourrais-tu aller présenter tes respects à la petite Princesse. Techniquement Kyôto est sur le territoire des Mibu, mais en leur absence, et vu les liens entre les Gozen et la cour impériale, c'est devenu un protectorat du clan du nord. Il paraît que ça se fait, d'aller saluer le chef local quand on réside sur ses terres. »
En un mot comme mille, Chikage venait d'avouer ne pas l'avoir fait, non pas par manque de connaissance du protocole, mais par pur désintérêt et même paressesse. Amagiri était donc envoyé à sa place – mieux valait tard que jamais...


[HRP : je pense qu'on arrive à la fin. Je te propose un autre RP quand tu auras fini avec Hanako et moi, avec Aoi Mibu, comme ça, on aura des choses à se dire et à comploter o/. A toi de me dire ^^]
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Home sweet home ? [PV Chikage]
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