Forum RPG tiré de l'univers d'Hakuouki, Feodal Kyoto mêle Japon féodal et fantastique. Pour changer l'Histoire, les dieux envoient leurs élus de 2016 en 1863. Geisha, ninja, rônin du shinsengumi... Onis ou Humains... Réécrivez l'Histoire (NC -18)
 
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Inspiré du jeu Hakuouki
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 Caché en plein soir [PV : Kohaku] [Terminé]

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Susumu Yamazaki
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Japonais - Shinsengumi - Chef Shinobi
MessageSujet: Caché en plein soir [PV : Kohaku] [Terminé]   Sam 3 Déc - 12:01

Susumu avait toujours pris à cœur son titre d'inspecteur au sein du Shisengumi. Là où certains se seraient offusqués d'être relégué dans l'ombre, le jeune homme lui se complaisait dans ce rôle qui convenait parfaitement. Peut-être parfois une fibre d'orgueil lui donnait envie de se battre auprès de ses camarades mais il était bien trop fin pour écouter son égo. Il savait qu'il n'avait pas les capacités des autres capitaines, ses talents étaient ailleurs et cela aurait été une perte de temps et de potentiel que de ne pas en profiter pour s'acharner sur la maîtrise du sabre. Bien entendu, il souhaitait toujours s'améliorer dans ce domaine, mais c'était valable pour tout, sa voie, aussi sa voie restait l'espionnage, sauf si Hijikata ou Kondo en décidait autrement.

Faisant mine d'observer les babioles d'une étale, Susumu ne quittait pas des yeux sa cible. Si cela pouvait sembler simple de suivre quelqu'un, c'était en réalité un art beaucoup plus complexe. Il fallait toujours être vif et attentif pour ne pas perdre la trace de son interlocuteur, le tout en jouant la plus parfaite des comédies pour que ni lui, ni les personnes alentours ne se méfie de sa présence. Caché en plein jour : se faire voir et se faire oublier aussitôt. C'était un domaine dans lequel il excellait de part son tempérament discret et doux. Assez aimable pour ne pas provoquer l'agacement, assez feutré pour ne pas provoquer l'intérêt, c'était la clef de l'invisibilité.

Si Susumu excellait comme ninja à courir sur les toits et à faire des acrobaties pour espionner en équilibre sur une poutre, c'était dans la filature qu'il se sentait le plus à l'aise. Même si c'était moins glamour, son métier consistait rarement à jouer les ombres tapies dans l'obscurité, il était bien plus souvent dans la rue, écoutant, observant, posant des questions... Les indices ne tombaient pas miraculeusement du ciel, ils s'amassaient soigneusement en étant attentif, en tissant un réseau. N'importe quel imbécile un peu agile pouvait faire des cabrioles dans la nuit, mais peu avait son talent pour faire parler les gens sans s'en donner l'air.

Toutefois, après l'enquête à proprement parlé venait la chasse. C'était un moment délicat car ses soupçons pouvaient s'avérer infondé et qu'il y avait beaucoup plus à apprendre en observant qu'en interrogeant directement un individu. C'est pour ça qu'il était là aujourd'hui à suivre cet homme prénommé Ryo qui s'enfonçait d'un pas décidé vers Shimabara, destination finalement peu surprenante pour un homme seul en soirée, mais il ne fallait rien négliger.

Susumu avait découvert des éléments laissant présupposés un trafic d'arme important entre les étrangers et les Choshu. Même si comme beaucoup il abhorrait ce genre d'armes aussi peu élégante que fiable, Susumu n'avait pas le sens de la droiture propre à ses camarades. Il savait utiliser des tactiques plus vicieuses si nécessaire et c'est bien pour ça qu'il se préoccupait de ces armes à feu bien plus ardemment que le reste des capitaines. Ils avaient si confiance en leur force que parfois ils étaient un peu trop insouciant au goût de Susumu... S'il pouvait aider en limitant l'accès à ses armes déloyales à leur ennemi, alors il pourrait se sentir utile à juste titre.

A quelques mètres derrière sa cible vêtue d'un kimono sobre et marron sombre pour ne pas attirer l'attention en cette période hivernale, Susumu eu un instant d'hésitation en voyant l'établissement dans lequel Ryo avait pénétré. Un bordel, c'était manifestement un bordel.

Un peu hésitant, il se demanda s'il était vraiment nécessaire de s'immiscer ainsi dans son intimité mais il fut motivé par une rumeur qui circulait récemment et qui indiquait qu'une femme était peut-être impliquée dans le trafic. Sans vraiment la prendre trop au sérieux, il ne pouvait pas négliger une telle piste et il devait bien reconnaître qu'une fille de joie aurait fait une couverture idéale. Qui irait se méfier d'une prostituée rencontrant d’innombrables hommes ? Caché en plein jour... Ou soir pour être tout à fait littéral.

Rassemblant son courage et sa contenance, il franchit donc la porte de l'établissement en essayant de ne pas semblait trop suspicieux. A sa décharge, c'était la première fois qu'il mettait les pieds dans un tel endroit et il ne savait pas trop à quoi s'attendre. En plus d'ignorer les demoiselles en tenue légère qui s'exhibait sans aucune pudeur, il fallait qu'il surveille sa cible pour essayer au moins d'apprendre le nom de sa compagne, le tout sans se faire remarquer alors qu'il avait l'impression d'être dans un autre monde et qu'il devait soigner sa respiration pour ne pas devenir écarlate chaque fois que ses yeux se posés sur un morceau de chair qui aurait dû être couvert.

Assez stupidement debout dans l'entré, il se racla la gorge pour attirer l'attention d'une magnifique rousse non loin qui avait l'air d'avoir un statut.. particulier. Tout comme les autres demoiselle ici elle était très belle et... féminine, mais quelque chose dans ses vêtements, dans sa posture, clamait qu'elle avait un rôle différent ce qui la rendait un peu moins intimidante. Vu qu'il ne savait pas à qui s'adresser ni ce qu'il devait faire, c'était donc naturellement elle qu'il avait interpellé, gardant un visage neutre bien que son regard trahissait son malaise et son besoin qu'on l'aiguille sur la marche à suivre.

« C'est la première fois que je viens dans... ce genre d'endroit », s'excusa-t-il pour justifier sa maladresse. Il avait hésité à l'avouer mais en même temps il était plutôt évident que ce n'était pas un habitué, s'il avait prétendu le contraire son comportement aurait été autrement suspicieux. Là au moins sa curiosité pourrait passé sur le compte de la nouveauté. Non finalement, ce n'était pas un si mauvais plan.



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Kohaku Harada
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Élu - Guerrière/Ronin
MessageSujet: Re: Caché en plein soir [PV : Kohaku] [Terminé]   Lun 5 Déc - 11:21


Usagi était un bordel de catégorie moyenne. Ni classieux, ni médiocre, l'établissement présentait des jolies jeunes femmes dans un semblant d'ambiance chic et traditionnel, mais n'ayant pas les moyens de son ambition, il devait se contenter d'un paraître, plus qu'un être. C'était une savante illusion que les gérants, les prostituées et le personnel s'échinaient à entretenir. Personne n'était vulgaire, mais personne n'était du niveau d'une oiran... et quelque part, c'était voulu. On ne venait à Usagi pour voir des danses et écouter une très belle femme parler littérature dans l'espoir de se l'envoyer après trois ou quatre rendez-vous dont le prix aurait entretenu une famille moyenne pendant une année. Non, Usagi était populaire, dans le sens noble du terme, à défaut de sa nature.
C'était pour cela que Kohaku s'y sentait comme un poisson dans l'eau. Elle excellait à se donner des airs, sans avoir à assurer les fondations de ses prétentions. On ne lui demandait pas plus que de donner l'impression de, et de laisser percer le masque de temps à autre, de telle sorte que les clients sachent qu'ils étaient au bon endroit : Usagi était un bordel et ce qu'on faisant dans les chambres derrière la pièce principale n'avait rien d'artistique, sauf envie très précise d'un client bien particulier. En sa qualité de chargée de la sécurité des demoiselle, Kohaku avait même intérêt à se montrer double-face : petit minois à qui on ne pensait pas en terme de force, mais langue qui remettait rapidement les plus enhardis à leur place, et corps qui à défaut d'offrir la volupté, pouvait ouvrir les portes du paradis – ou de l'enfer, selon là où votre âme allait une fois l'enveloppe corporelle morte. Car Ko' était une femme fatale, dans tous les sens du terme.

La soirée commençait. Les premières vagues de clients s'étaient installées dans la pièce commune, soit dans l'espace de repas collectif, soit dans une petite alcôve semi-privative, et les filles servaient nourritures et boissons, tout en se faisant reluquer. Déjà quelque chose comme une demi-douzaine de passes avait été enregistrée par la matrone des lieux, et ce n'était que le début. Ainsi, Kohaku veillait plus à ce que les réjouissances dans la grande salle se déroulent bien, que à ce que les clients des filles restent polis et raisonnables. Plus tard dans la soirée, quand la nuit serait installée, elle patrouillerait à l'arrière.

Ce qui fit qu'elle fut accostée par un client. Il l'avait, comme beaucoup auparavant, pris pour une hôtesse. Nope mon vieux, elle était la sécurité, comme le prouvait le sabre – complètement inutile - dans son dos. Il n'était pas vraiment visible, mais il était là pour indiquer sa fonction. Kohaku n'avait pas la moindre idée de comment manipuler la lame, si ce n'était la position de départ – merci les films de samouraï et l'engouement des garçons de son entourage à faire les clowns avec le moindre bout de bois pouvant faire office de katana.

La rousse ne put s'empêcher de lever un sourcil amusé. C'était rare, un homme de son âge, qui venait au bordel pour sa première fois. A cette époque, aller à Shimabara était chose commune dès qu'un garçon était considéré comme adulte. Et la plupart du temps, il était bien mieux considéré de perdre sa virginité avec une prostituée qu'avec la fille du voisin, car fricoter avec une « fille bien » pouvait revenir à s'attirer un sacré paquet d'ennuis. Et comme il était naturel que « ça » démange, autant faire ça avec une « pro ».

- « Bah, mon chou, ça arrive à des gens très bien. » répliqua-t-elle avec un sourire cajoleur, mais assez moqueur. Lui prenant le bras, elle l'entraîna dans la salle. (1) « Il y a un prix d'entrée, dont vous vous êtes déjà acquitté auprès de notre gardien. » Quelques dizaines de mon suffisaient pour pénétrer dans l'antre du plaisir. « Vous avez ainsi accès à la pièce principale, où vous pouvez discuter avec tout le monde, clients comme hotesses, dans les limites du respect d'autrui. Vous pouvez choisir de vous installer dans une alcôve, pour un petit supplément. Toute consommation est payante. » Nourriture, alcool, fille, donc. « Si quelque chose vous tente, vous n'avez qu'à faire signe à une fille ou une servante, et tout sera porté sur votre note, donc il faudra s'acquitter. Soit immédiatement, et je vous conseille de faire ainsi au départ, soit en fin de soirée. Nos clients les plus estimés bénéficient bien entendu d'arrangements avantageux. » Comme un délai de paiement de quelques jours, voire à la fin du mois pour les plus réguliers. Plus on avait confiance en vous, plus la vie était simple ici à Usagi. La patronne avait choisi ce nom – référence au lapin, signe de puissance et fertilité – pour inspirer une certaine joie de vie. Tout en parlant, elle l'avait aidé à ôter ces chaussures et avait fait un signe discret à ses collègues. Bientôt une pléiade de jeunes filles viendrait se presser aux côtés de l'inconnu, pour découvrir ce qui lui plaisait et le déposséder petit à petit de toutes les pièces possibles. Un doux vol.

- « Bienvenue à Usagi, cher client. » fit-elle en l'accompagnant dans la pièce principale. « Qu'est-ce qui vous ferait plaisir ? Un peu de saké ? Des brochettes de légumes ? Ici, le plaisir des yeux est offert, alors, ne vous privez pas... » susurra-t-elle en un souffle suggestif à son oreille, pressant son corps contre le sien pour le pousser dans... la bonne direction...

(1) Système de fonctionnement complètement inventé par moi, sans aucune source pour appuyer l'argumentaire. En effet, je n'ai pas trouvé de sources sur comment fonctionnait un bordel au Japon, alors, j'ai dupliqué le système européen.
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Susumu Yamazaki
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Japonais - Shinsengumi - Chef Shinobi
MessageSujet: Re: Caché en plein soir [PV : Kohaku] [Terminé]   Mer 7 Déc - 20:54


Quand il avait décidé de poursuivre sa filature, Susumu n'avait aucune idée de l'aventure dans laquelle il s'embarquait. Anticipant sa gène, il savait d'avance qu'il ne se sentirait pas dans son élément, mais il n'avait pas vraiment évalué l'ampleur de son embarras. Là, il avait l'impression de cuir à chaque fois qu'une demoiselle le collait d'un peu trop près, et elles s'étaient toutes soudainement ruée sur lui comme une nuée de papillon attirée par la lumière. Si encore elles avaient continué à faire parti du décor il aurait pu simplement les ignorer, mais là elles ne cessaient de l'effleurer, touchant un bras, une épaule, son dos... Même la jeune femme à qui il s'était adressée car il la trouvait différente s'était pressée contre lui, imprimant ses formes voluptueuses sur sa chaire ce qui fit davantage briller le rouge de ses joues alors que son esprit s'emballait. Malgré son désintérêt flagrant pour la gente féminine, il n'était qu'un homme, si tout cela le mettait mal à l'aise cela éveillait malgré tout un imaginaire quelque peu indécent.

Entrant finalement dans la fameuse salle commune, il eu un sursaut de professionnalisme et embrassa la pièce du regard, retenant la configuration des lieux et cherchant sa cible parmi les personnes présentes en quelques instants. Rassurée de faire ainsi appel à ses compétences, Susumu réussit à retrouver une teinte à peu près normal alors qu'il s'installait tranquillement sur une pile de coussin dans un coin de la pièce, lieu stratégique qui lui offrait une vision sur la sortie et sur les escaliers vers l'étage. L'homme qu'il surveillait avait déjà disparu, sans doute dans les bras d'une fille, il était donc condamnée à rester ici au moins une petite heure pour voir avec qui il descendait.

Dans la mesure où il lui était inconcevable de rester là à « profiter de la vue » pendant tout ce temps, Susumu décida de commander quelque chose. Déjà il avait envie de se fondre dans la masse, et en plus il commençait à avoir faim. Rassemblant une nouvelle fois son courage, il farfouilla dans sa poche pour sortir un peu de monnaie et commander une brochette de légume – pas de saké, il devait garder les idées claires - à une des prostituées qu'il trouvait beaucoup trop collante à son goût. Au moins aurait-il la paix quelques minutes. Enfin, il restait la demoiselle aux cheveux de feu, celle qui portait un sabre, chose tout de même plutôt rare pour une femme.

« Vous savez vous battre ? », demanda-t-il donc nonchalamment en souriant un peu maladroitement à Kohaku. Susumu n'était pas du genre bavard mais l'endroit avait tendance à délier sa langue, il était tellement rassurant de se jeter dans une conversation sur le combat. Sujet familier qui était donc rassurant. En outre, ses babillages n'étaient pas sans fondements, ils avaient un but précis : engager la conversation dans l'espoir de recueillir discrètement quelques informations sur le lieu et les demoiselles qui travaillaient là. Après tout, c'était bien pour ça qu'il était ici... Enfin, une chose était certaine : la prochaine fois, il enverrait quelqu'un d'autre, autant profiter un peu de sa position de chef pour s'épargner un teint cramoisie.
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Kohaku Harada
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Élu - Guerrière/Ronin
MessageSujet: Re: Caché en plein soir [PV : Kohaku] [Terminé]   Jeu 8 Déc - 15:41


Comme la soirée commençait calmement, Kohaku pouvait rester dans la salle commune, à regarder les convives plutôt qu'à devoir les surveiller avec l'oeil de l'aigle. Elle se contentait d'être un peu plus attentive envers le nouveau client, car elle ne le connaissait pas. Les autres étaient tous des habitués plus ou moins réguliers. Des figures connues dont elle connaissait les réactions. Lui ? Non. Etait-il là juste pour regarder les jolies filles ? Ou était-il un pervers qui allait demander des trucs bizarres ? Non que cela allait choquer. Enfin, ça dépendait du degré de bizarrerie, mais ici à Usagi, presque tout était possible, si on alignait les pièces. Certaines filles aimaient même ça, les commandes bizarres.

Puisqu'elle le tenait à l'oeil, Ko' se retrouva dans le voisinage immédiat du client plus souvent que d'habitude et cela fut une bonne chose car il engagea de lui-même la conversation. Chouette, elle allait pouvoir tenter de discerner sa personnalité plus facilement. Bon, ne nous mentons pas. Kohaku ayant la profondeur émotionnelle d'une flaque, ses analyses psychologiques se cantonnaient généralement à trois conclusions « j'aime bien/j'sais pas/il me fout les jetons ». Mais c'était une catégorisation qui allait plutôt bien à son travail, donc...

- « Je sais me battre, oui. » répondit-elle sans préciser que ce n'était pas avec le sabre. Elle le mettait pour faire « beau » et avoir « le style », mais elle serait bien incapable de le manier pour autre chose que faire de l'air. Non, son arme, c'était elle, c'était son corps. « C'est logique, puisque c'est moi qui assure la sécurité. Pourquoi cette question ? Vous voulez mettre le bazar ici ? »
Que disions-nous sur la profondeur émotionnelle et la psychologie ? Oui, hein. Ben, ça vaut aussi pour la subtilité.
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Susumu Yamazaki
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Japonais - Shinsengumi - Chef Shinobi
MessageSujet: Re: Caché en plein soir [PV : Kohaku] [Terminé]   Ven 9 Déc - 18:37


En engageant ainsi la conversation, Susumu n'avait pas du tout imaginé qu'elle prenne cette tournure. Il espérait parler combat, lancer une discussion plus ou moins passionnante et s'attirer ainsi la sympathie de son interlocutrice pour pouvoir pousser ses questions plus avant à propos du lieu. Son interlocutrice en avait toutefois décidé autrement, le soupçonnant – sérieusement ? - de vouloir faire du grabuge tout en révélant qu'elle était la gardienne de l'endroit.

« Ais-je l'air de vouloir causer des problèmes ? »,
demanda-t-il avec d'un air si doux qu'il donnait l'impression d'incarner l'innocence. Mais avec un tel naturel, et une telle simplicité que cela n'était pas « trop », car paraître trop blanc éveille bien plus la méfiance. D'ailleurs, histoire de corroborer ses propos, il laissait ses mains sagement posées sur ses genoux, loin de son sabre.

Son tempérament plutôt tranquille et sensible était souvent source de taquinerie mais il avait au moins l'avantage de dégager une aura sereine qui inspirait la confiance, très utile quand son métier était de passé inaperçu et de soutirer des informations. En l'occurrence, il espérait endormir la suspicion de la gardienne des lieux car autrement elle allait l'avoir à l'oeil tout le temps et cela pourrait gêner son espionnage.

D'ailleurs, même s'il avait la politesse de ne pas le montrer, il avait été vraiment surpris d'apprendre qu'elle était la videuse de l'endroit. A sa grande honte, il l'avait pris pour une prostituée un peu exotique avec ses cheveux flamboyant et son sabre ostentatoirement affiché. Les femmes guerrières n'étaient pas si nombreuses que ça... Et on les employait rarement pour des tâches importantes. Il fallait donc croire que l'Usagi était un peu plus miteux qu'il ne s'en donnait l'air. En tout cas, cela le rendait d'autant plus curieux à propos de ses compétences martiales...

Remerciement poliment – mais pas chaleureusement – la jeune demoiselle qui était parti lui chercher à manger, Susumu se désintéressa d'elle à la seconde où elle eut déposer l'assiette, continuant à observer l'air de rien la salle alentour. Puisqu'il n'y avait toujours rien à signaler, Susumu poursuivit donc son interrogatoire subtile sur l'établissement.

« Et le métier vous plait ? Cela ne doit pas être si aisé de travailler dans ce genre d'établissement... » , la questionna-t-il à nouveau, loin d'être découragé par son précédent laconisme. Il arrivait presque à discuter avec Saito, il pouvait faire parler n'importe qui s'il le souhaitait vraiment.
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Kohaku Harada
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Élu - Guerrière/Ronin
MessageSujet: Re: Caché en plein soir [PV : Kohaku] [Terminé]   Lun 12 Déc - 14:53


Il y avait une donnée que Susumu, tout ninja et homme intelligent, avait oublié dans son équation : il se trouvait dans une maison-close.
En général, on ne parlait pas d'armes et combat, dans un tel endroit, sauf s'il s'agissait d'une épée intrépide partant à la conquête d'un mont de Venus, ou tout autre métaphore désignant le corps et le sexe.
C'est pourquoi sa question détonna autant. Mais Kohaku ayant été éduquée par les filles du Vice, elle savait qu'une fille devait toujours trouver un intérêt dans ce qu'un homme lui disait, aussi s'était-elle prêtée au jeu... pour y mettre fin rapidement, car elle n'était pas ce genre de fille. On ne savait toujours pas le genre auquel elle appartenait, si ce n'était le minimum vital.

- « Vous savez, dans notre domaine d'activités, l'air de... c'est tout et rien à la fois... » glissa-t-elle, malicieuse. Malgré elle, elle succombait aux charmes indéniables de l'informateur, qui savait se rendre inoffensif et donc poussait à prendre une attitude plus relaxée. Dans le cas de la rousse, relaxée voulait dire... beaucoup et rien à la fois. Peu de manière, beaucoup de laisser-aller.

- « Pas être aisé de... Mon chou, je ne fais que sortir les mauvais payeurs et les timbrés par le col s'ils en ont encore, ou la peau des fesses. » Kohaku fronça les sourcils, soucieuse de ne pas vexer le client, mais perdue du fait de sa réflexion. Elle avait grandi dans les bas-fonds et les mondes sulfureux de l'anti-chambre de la damnation éternelle. L'Usagi, Shimabara, tout cela lui était naturel, l'internet en moins. « Ce n'est pas moi qui dois faire plaisir à des hommes sales, mal élevés voire les deux. Et si par ma présence, je peux rendre la vie plus facile aux filles, je ne vais pas me gêner, tiens. De toutes les façons, je ne vois pas trop ce que je pourrais faire d'autre, comme métier... »
Kohaku ayant arrêté les études après le collège, et n'ayant prêté qu'un intérêt très modéré aux cours durant sa scolarité, elle se retrouvait avec un niveau de culture qui correspondait à l'époque. Mieux, ou pire, elle pouvait presque être étiquetée d'instruite, d'esprit éclairé à défaut d'érudit, sur certains sujets. Mais elle qui avait toujours eu les ailes rognées par la société et ses propres œillères n'avait même pas cherché à explorer cet horizon soudainement non limité. A la place, elle avait d'elle-même cherché la cage qui lui allait bien. C'était peut-être ça, la vraie liberté, finalement. Se contenter de peu, sans se soucier de savoir si on avait droit, méritait ou pouvait avoir plus.

- « Et vous ? Que faites-vous dans la vie ? J'espère que votre visite dans ce genre d'établissement ne sera pas la dernière... peut-être devrais-je vous enlever une par une les... illusions qui sont les vôtres... ? » suggéra-t-elle avec une voix de velours. Videuse, peut-être, mais elle était à l'unisson des filles ici. C'était ce qui faisait d'elle un très bon établissement : personne ne se méfiait trop, et les filles aimaient sa compagnie, sans qu'elle fût elle-même là à pousser des cris d’effraie sur la bonne conduite et la morale. Les samouraïs pouvaient être d'un barbant, parfois...
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Susumu Yamazaki
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Japonais - Shinsengumi - Chef Shinobi
MessageSujet: Re: Caché en plein soir [PV : Kohaku] [Terminé]   Mar 13 Déc - 17:18


La virulence de Kohaku laissa Susumu penseur. Il n'avait pas envisagé les choses sous cet angle là. Evidemment qu'elle n'était pas la plus à plaindre... Honnêtement, il se souciait beaucoup des gens, il avait de l'empathie pour tout le monde mais il n'avait jamais vraiment songé au sort des prostituées. Parfois quand il travaillait vers Shimabara et qu'il voyait des jeunes femmes grelotté de froids dans leur tenues aguicheuses il les plaignait sincèrement, si quelqu'un se montrait violent sous ses yeux, il intervenait, mais son esprit n'était jamais allé plus loin dans l'analyse. Maintenant, à sa gène s'ajoutait une certaine culpabilité d'être dans un endroit comme ça. Alors que pourtant il n'avait aucune mauvaises intentions à leurs égards, sauf si une des filles collaborait effectivement avec leurs ennemis.

Perdu dans ses pensées sans s'en donner l'air, Susumu fut néanmoins brusquement tiré de sa réflexion par le changement subit d'atmosphère provoqué par Kohaku. Jusque là elle s'était montrée séduisante mais c'était là plus une qualité intrinsèque – du moins aux yeux de Susumu – mais le ton de sa voix clairement aguicheur eut le don de faire rejaillir le rouge qui s'était progressivement dilué sur ses joues.

« Hmm... mes illusions... ? », répéta-t-il – assez bêtement il faut l'avouer – en essayant de déterminer quels genres de sous entendus tendancieux il y avait là dessous. Susumu était quelqu'un de curieux et il cherchait à rassembler des informations, mais quelque chose lui soufflait que ce n'était pas celles de ce genre là qu'il voulait. Surtout que, n'en déplaise à Kohaku, il n'avait effectivement pas l'intention de remettre les pieds ici. Du coin de l’œil, il ne cessait de surveiller les entrées et les sorties mais il n'y avait toujours aucun trace de sa cible, mais elle ne semblait pas pressée de partir... Il était donc coincé pour un moment encore.

« Enfin, c'est gentil mais cela ne sera pas nécessaire... J'étais juste un peu curieux. », ajouta-t-il donc rapidement, faisant preuve de politesse comme toujours, mais en même temps d'un peu de fermeté. Clairement, il ne pouvait nier qu'il trouvait Kohahu aussi charmante que déstabilisante, ce qui lui donnait davantage envie de mettre un mur entre eux, en même temps qu'il se voyait mal parler à quiconque d'autre ici. Il n'était pas obligé de se justifier, mais d'un autre côté il ne voulait pas réveiller la suspicion de la jeune dame, du fait qu'il n'avait manifestement pas l'intention de consommer autre chose que sa brochette.

« Et je suis acuponcteur », ajouta-t-il pour répondre à sa question, rien ne pouvait trahir qu'il s'agissait d'un mensonge, sauf peut-être les légères cales dû à la pratique intensive de l'épée qui venaient donner des accents viriles à ses mains fines et délicates. Pour le reste, Susumu connaissait très bien le domaine pour avoir grandi dedans, et il préférait taire son allégeance au Shisengumi car cela fermait plus de bouches que cela n'en ouvrait. C'était l'avantage d'être dans l'ombre, peu de gens connaissaient son nom ou son visage malgré ses grands accomplissements.

Pour l'heure, il ne savait pas trop quoi ajouter de plus, il n'était pas particulièrement du genre bavard et l'ambiance lui était étrangère. Pour peu, il aurait souhaité qu'il y ai vraiment du grabuge histoire de voir Kohaku en action, ou simplement de se raccrocher à quelque chose qu'il connaissait.
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Kohaku Harada
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Élu - Guerrière/Ronin
MessageSujet: Re: Caché en plein soir [PV : Kohaku] [Terminé]   Mer 14 Déc - 13:41


Son trouble ne passa pas inaperçu, et les lèvres de Kohaku s'arrondir en une moue coquine. Elle avait envie de titiller l'homme devant elle, mais gentiment. Il y avait quelque chose de fondamentalement honnête chez lui qui la poussait à ne pas être retorse – ce qu'elle pouvait être très facilement, trop peut-être – pour ne garder que le côté taquin. La façon dont il rougissait était tout aussi adorable qu'enivrante. Ça lui donnait une sensation de pouvoir, tout en lui redonnant un peu espoir. Espoir mêlé d'étonnement : ça existait donc vraiment, des gens comme lui. Plus précisément, des hommes comme lui. Ko' en aurait mis sa main à couper : il était vierge. Et ceci éveillait en elle un instinct de prédateur tout autant qu'un instincts de mère. Entre protéger cette innocence ou être la première à la croquer, difficile de dire ce dont elle avait envie.

- « Mais pourquoi être « juste un peu » curieux, alors qu'ici, vous pouvez l'être tout entier ? » susurra-t-elle.  « A l'Usagi, nous sommes là pour libérer les gens, et leur offrir le maximum de plaisir. Si vous voulez faire un tour des lieux, je pourrais être votre guide. Ceci va contrarier les filles, qui préféreraient vous donner un tour privé... mais qui sait, une d'entre elle finira peut-être par vous... vous rendre TRES curieux. » finit-elle avec un gloussement à peine marqué.

Se mordillant les lèvres pour contrôler un sourire presque goguenard qui mettrait à terre son petit manège bien inoffensif pour le moment, elle se pencha vers lui, ses yeux pudiquement cachés par ses cils en une imitation de geisha. Là, elle prit doucement ses mains dans les siennes et fit glisser ses doigts dans les paumes plus ou moins calleuse du pauvre Yamazaki.

- « Vous êtes donc un artiste, un peu... » souffla-t-elle en relevant les yeux, mi modeste, mi provocatrice.  « Ne dites pas ça aux filles, elles risqueraient de vous demander une séance... Mais si vous voulez de  la clientèle, alors n'hésitez pas... surtout si vous faites des visites à domicile. » continua-t-elle en caressant la peau, traçant des arabesques du bout des doigts.
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Susumu Yamazaki
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MessageSujet: Re: Caché en plein soir [PV : Kohaku] [Terminé]   Mer 14 Déc - 16:47


Kohaku le mettait dans une situation délicate. Plus elle le poussait dans ses retranchements, plus il était difficile pour lui de tenir son rôle de client et de ne pas se trahir. Et qu'est-ce qu'elle le poussait ! Comment était-ce possible d'être aussi sulfureuse juste en parlant et en jouant avec ses mains ? La sensation de ses doigts qui courraient sur sa peau lui donnait des frissons presque perceptibles et il ne cessait de rougir tirant de plus en plus vers l'écarlate. D'essayer de reculer aussi, mais il était littéralement dos au mur et il ne pouvait donc pas échapper à cette diablesse à la moue taquine si charmante. Susumu aurait menti s'il avait dit que Kohaku ne lui faisait pas d'effet... Bien entendu qu'avoir une femme aussi sulfureuse en train de sussurer des paroles tendancieuses et de l'effleurer lui faisait de l'effet ! Surtout avec cette expression... Vraiment, ce n'était pas permis ! Se mordillement de lèvre, ses yeux... Il en aurait presque oublié l'escalier.

Il était aussi flatté par l'intérêt qu'elle semblait lui portait – c'était une personne plutôt discrète et facilement oubliable d'habitude – mais il se doutait que pousser les clients à consommer davantage faisait parti de son travail. Dans tous les cas, sa technique était loin d'être suffisante pour le convaincre de s'abandonner à une luxure et à des excès très peu coutumier pour lui, c'était même tout l'inverse. Outre le fait qu'il avait un travail à faire – et que cela surpassait tout – Susumu se sentait tellement embarrassé qu'il avait envie de fuir le plus vite et le plus loin possible de cette délicieuse tentatrice. Ne serait-ce que parce qu'il n'avait pas envie d'être manipuler par quelques instincts primaires pour lesquels il avait un certain dédain. Il n'avait pas le temps de s'amuser à faire la cours à une demoiselle, aussi fascinante soit-elle que Kohaku, il avait des choses plus importantes à faire, ses entraînements, ses rapports, ses enquêtes...

Toujours troublé par leur proximité, et la présence flamboyante de Kokaku, Susumu rassembla ses esprits, secouant très légèrement la tête pour mettre fin à l'hypnose qu'elle avait provoqué, et plongeant dans son éducation pour trouver un peu de réparti.

« Ne dit-on pas que l'excès en tout est un défaut ? Avec un peu trop de curiosité on peut se brûler les ailes », répondit-elle en rassemblant toute la fermeté dont il pouvait faire preuve, même s'il n'y avait aucune agressivité dans ses paroles, ni dans le gentil sourire qu'il offrait à son hotesse. Ses paroles étaient plutôt ironiques pour un espion mais il avait un rôle à tenir après tout.

Sa proposition de lui faire visiter l'établissement était bienvenue mais il ne pouvait malheureusement pas se le permettre compte tenu de sa situation. Il devait surveiller les entrées et les sorties et il n'y avait que de cette position qu'il pouvait le faire. Cela aurait vraiment été un comble de rater la sortie de l'homme qu'il attendait depuis le début ! Après tout, il fallait qu'il obtienne le nom de la femme qu'il voyait pour enquêter sur elle.

« Merci de votre proposition – et de votre attention - mais je suis très bien installé, je n'ai besoin de rien d'autre pour l'instant »,
ajouta-t-il donc avec la politesse délicate qui lui était caractéristique, espérant que témoigner de sa satisfaction suffirait à taire la volonté de la jeune femme de lui offrir plus.

S'étant plus ou moins habitué au contact infime mais pourtant sensuel de Kohaku, Susumu c'était légèrement détendu, ne ressentant plus de réel malaise à ce frisson somme tout agréable. Toutefois, Kohaku ne lui semblait pas du genre à s'arrêter dans son élan, aussi se décida-t-il à arrêter son geste sans être trop impoli. Sans brusquerie, il laissa son autre main venir s'abattre doucement sur les doigts de Kohaku, les emprisonnant entre ses paumes sans faire pour autant mine de vraiment les retenir. D'une simple secousse elle pouvait se dégager, mais il était évident que s'il y avait mis de la force, les choses auraient été différentes.

« Ce n'est pas prudent de baisser votre garde comme ça, surtout si vous êtes en charge de la sécurité... »
, indiqua-t-il avec un air plutôt tranquille quoi que chargé d'un soupçon de taquinerie alors qu'il libérait sa main. Kohaku jouait clairement avec lui et il ne pouvait pas vraiment l'en empêcher, si pour une fois, il pouvait la déstabiliser un peu, il aurait l'impression d'être un peu moins mal à l'aise. Certes il était mal à l'aise avec les femmes, encore plus quand il s'agissait de lubricité, mais Kohaku était aussi une guerrière et lui même était un membre chevronné du Shisengumi. Il avait beau rougir, bafouiller et se crisper, il n'allait pas pour autant perdre tous ses moyens si facilement. Sinon, il aurait été grand temps qu'il se remette en question.
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MessageSujet: Re: Caché en plein soir [PV : Kohaku] [Terminé]   Jeu 15 Déc - 13:32


- « A quoi bon avoir des ailes si c'est pour rester à terre. » répliqua Kohaku du tac-au-tas. Mais elle se recula, laissant à sa cible un peu d'espace. Elle avait vu cette lueur de recul, presque de panique, de celui qui allait fuir car acculé. Or Susumu avait tout faux : son rôle n'était pas de le pousser à consommer, mais de protéger les lieux. La jeune femme n'hésitait pas à donner un coup de mains si nécessaire, et faisait très couleur locale, mais si à la base, elle s'était intéressée au soldat du Shinsengumi sous couverture, c'était pour jauger de sa qualité, de sa dangerosité. Au cours de l'échange, elle s'était faite une idée, selon laquelle il n'était pas une menace. Si elle avait su à quel point elle était autant dans le vrai que dans le faux ! Certes Yamazaki n'était pas pour nuire à l'Usagi et à son personnel, mais ce n'était pas pour autant qu'il n'était pas mortellement implacable si cela devenait nécessaire.

Ainsi, elle le laissa mettre fin à ses petites caresses, avec une moue décidément boudeuse cette fois. M'enfin, c'était de bonne guerre. S'il n'était pas intéressé par le sexe, peut-être voulait-il profiter de la bonne ambiance de la salle commune. Un verre ou d'alcool, une danse ou deux, peut-être trouver un partenaire de jeu de cartes ou de dés. L'Usagi était un lupanar comme les autres, et offrait toute la gamme de plaisirs, qu'ils fussent gustatifs, festifs ou sexuels.

- « Qui vous dit que j'ai laissé baissé ma garde ? » lui demanda-t-elle avec un sourire en coin. Il ne se rendait pas compte qu'il avait été littéralement entre ses mains. Elle aurait pu lui casser deux, trois doigts, voire le poignet, avant qu'il ne réagît. Il avait pourtant des mains calleuses, un peu trop pour n'être qu'un acupuncteur. Des mains d'épéiste, dirait-elle. Elle en avait assez vu pour le savoir. Aussi savait-elle qu'elle avait affaire à un rônin, mais qui ne voulait pas le faire savoir – preuve étant qu'il n'avait pas son katana avec lui.
Avec une rapidité qui l'étonna elle-même, Kohaku se releva en même temps qu'elle se pencha vers lui, de telle sorte qu'elle lui vola un baiser qui tout éphémère qu'il fut – à peine un papillonnement de lèvres – brûla d'une intensité à l'égal de ses mèches.
- « Et toc ! » C'était un défi tout comme un verdict. 1-0 en sa faveur. Qui avait baissé la garde devant qui ? Oui, c'était une victoire facile, mais une victoire était toujours une victoire. Ko' se releva définitivement, ne lui laissant pas la possibilité de rétorquer ou de lui rendre la monnaie de sa pièce. Il n'avait pas eu tort, en lui rappelant ses devoirs ; elle ne pouvait pas non plus passer toute sa soirée à ses côtés.
- « Harada-san ! » Une voix appela à travers la foule, et la rousse tourna la tête.
- « J'arrive. Revenez-nous voir, cher client. J'espère que vous passerez une bonne soirée à l'Usagi. »
Elle salua et s'éloigna pour faire une petite patrouille.
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Susumu Yamazaki
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MessageSujet: Re: Caché en plein soir [PV : Kohaku] [Terminé]   Jeu 15 Déc - 14:08


Manifestement ils n'avaient pas du tout la même vision du monde tous les deux. Il était du genre rigoureux et prudent là où Kohaku semblait flirtait allègrement avec les limites tout en voyant là le sens de la vie. C'était du moins l'interprétation que Susumu fit des quelques paroles qu'ils avaient pu échanger. D'une certaine manière, il admirait cette liberté tout en sachant que jamais il ne pourrait se draper d'autant d'insouciance.

Toutefois, la suite de leur petit échange lui donna un aperçu des réelles capacités de la jeune femme, qui effectivement, était peut-être plus vive qu'il ne l'avait envisagé. Se redressant à une vitesse digne du iai de Saito, elle lui vola un baiser l'air de rien. Un frôlement si éphémère qu'il écarquilla légèrement les yeux en essayant de déterminer s'il avait imaginé cette sensation sur ses lèvres ou si cela avait bel et bien eu lieu. Néanmoins, la bravade de Kohaku ne lui laissait aucun doute sur l'onirisme de la situation : elle l'avait bel et bien embrassé et elle s'en tirait avec ce même air mutin si séduisant qu'elle semblait si bien maitriser.

Rougissant à mesure que son cerveau traitait l'information, il posa vaguement le dos de sa main dessus comme pour atténuer la brûlure réminiscence sur sa peau. Peut-être aussi inconsciemment pour se protéger d'une nouvelle attaque vicieuse de la jeune femme.

Heureusement pour le reste de stabilité qu'il lui restait, cette dernière dû vaquer à ses occupation, non sans capter son intérêt une nouvelle fois. Harada, un collège l'avait appelé Harada. Il ne lui semblait pas que le capitaine du Shisengumi en question ait eu de la famille proche mais pourtant maintenant il ne pouvait s'empêcher de voir des similitudes entre eux. Ses cheveux d'abord, si roux qu'ils étaient diaprés d'écarlate, mais il y avait quelques choses dans le regard aussi...

Dans un élan de curiosité, il se redressa près à l'interpeller avant qu'elle ne disparaisse pour lui en demander plus mais il était trop entraîné pour se laisser aller et oublier sa couverture et il se ravisa.

« Bonne soirée à vous »
, conclut-il donc, lui pardonnant implicitement sa bravade sensuelle dans un dernier élan de politesse. Avant de se rasseoir dignement sur ses coussins, priant quelques dieux pour que sa cible en finisse bientôt et qu'il puisse partir de cet endroit beaucoup trop destabilisant pour lui.

Honnêtement, il ne savait pas quoi penser de ce que Kohaku venait de faire, il préférait donc passer outre avant de trop se torturer l'esprit. Cela dit, il n'était pas prêt de l'oublier, ne serait-ce que parce qu'il se lançait le défi personnel de découvrir si oui ou non elle avait un lien avec Harada. Il était un espion après tout, cela ne devrait pas être si difficile...
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MessageSujet: Re: Caché en plein soir [PV : Kohaku] [Terminé]   Lun 19 Déc - 15:52


Kohaku était à mille lieues d'imaginer les impacts de ce qui venait de se passer. Le baiser n'en était pas un pour elle. Cet effleurement de lèvres n'avait ni l'intensité, ni même la définition, d'un baiser. Elle lui avait donné – ou plutôt pris – ses lèvres comme d'autre se serrent la main, ou autre. Dans un instant, elle aurait tout oublié, parce que cela ne portait à aucune conséquence.
Pour le moment.

Quand l'homme revint quelques soirs plus tard, elle y repensa, fugacement, sans s'y attarder. Ce soir là, elle ne put accorder aucune attention à l'espion, occupée comme elle était à réguler deux grosses soirées où les hommes abusèrent du sake et chahutèrent de trop. Que ce soit entre eux, ou avec les filles, elle était là pour les remettre dans le droit chemin, et à défaut de toute autre chose, dans le droit chemin de leur domicile, ou du caniveau le plus proche. Une fois le seuil de Usagi passé, Kohaku se lavait les mains de ce qu'ils devenaient... sauf s'ils étaient des bons clients...

Et Susumu donnait tous les signes de prendre ce chemin là. Bien qu'il n'y eu aucune régularité dans ses visites, il revenait. Une fois, deux fois, trois et puis d'autres... Jamais il ne demanda les services d'une fille, se contentant de rester dans la pièce principale, seul et solitaire dans son coin. Peut-être venait-il juste pour l'ambiance ?

Profitant d'une soirée un peu plus calme, Kohaku fit son chemin vers lui. Son kimono bleu nuit était d'une simplicité que venait égailler le jaune pâle de son obi, tandis que son sabre pendait à sa hanche.
- « Ah, estimé client. Je vois que Usagi continue de vous charmer... est-ce que tout se passe comme vous le désirez ? » lui demanda-t-elle avec un sourire en coin, comme à son habitude. Elle s'agenouilla à ses côtés pour lui offrir un thé, cadeau de la maison, qui avait bien noté les aller-venues de Yamazaki. Usagi n'était pas le plus beau de bordel, mais avait un sens aigu du contact client... Dans tous les sens du terme.
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MessageSujet: Re: Caché en plein soir [PV : Kohaku] [Terminé]   Lun 19 Déc - 23:49


Au terme de sa première soirée de surveillance, Susumu s'était promi de ne jamais remettre les pieds dans un tel endroit. Le geste de Kohaku l'avait marqué bien plus qu'il ne voulait bien l'avouer et il avait mis un certains temps à ne plus se sentir troubler en y repensant. Finalement, ce n'était rien, mais un rien tellement chargé de connotations que ce n'était pas facile pour lui qui demeurait plutôt innocent.

Malheureusement pour sa dignité, il se retrouva une nouvelle à l'usagi, observant d'un œil discret les aller et venues de sa cible. Ce n'était pas faute d'avoir essayer de refiler la tâche à quelqu'un d'autre mais sous quel prétexte ? Vu les évènements, les espions compétents étaient tous occupés et s'il aurait tout à fait pu abuser de son autorité pour inverser des enquêtes il lui fallait un prétexte. Or, il se voyait mal avouer à un subordonné son embarras à se trouver entourer de prostituée et d'une miss Harada diablement entreprenante. Ou peut-être se cherchait-il simplement des excuses pour satisfaire sa curiosité à revenir en ses lieux, à reparler à Kohaku, à en découvrir plus sur son lien supposé avec son collègue. Il lui avait demandé, Sanosuke ne semblait pas avoir de parents proches de son âge, elle demeurait donc un mystère.

Au bout de sa quatrième visite, Susumu devait bien avouer qu'il commençait à se sentir bien dans cet endroit chaleureux. Tout le monde souriait malgré quelques bagarres d'hommes un peu ivres... Il avait même fini par s'habituer à l'absence de pudeur des demoiselles même si ce qu'elle représentait était toujours à même de lui tirer un rougissement s'il y pensait trop. Le plus important c'est qu'il arrivait à poter un regard global sur la salle : faire attention à leurs gestes et à ceux des autres invités même s'il ne les voyait plus vraiment.

Par contre, il y a une femme qui savait toujours captiver toute son attention – un peu trop peut-être – Kohaku qui gérait effectivement les situations délicates avec beaucoup de professionalisme. Chaque fois qu'une rixte éclatait, il admirait la digilence avec laquelle elle réglait le problème. Dans un premier temps il s'était tenu prêt à intervenir mais – même si c'était vexant – il devait bien admettre qu'elle n'avait guère besoin de son aide. Par contre, il ne l'avait jamais vu dégainer le joli sabre qui ornait sa taille voluptueuse. A croire qu'elle ne savait pas vraiment s'en servir en fait.

Pour autant, ils ne s'étaient jamais reparlé si ce n'était pour échanger quelques formules de politeses alors qu'ils se croisaient. Etat de fait qu'elle jugea bon de changer en s'approchant de lui pour déclarer quelques banalités.

« Que voulez-vous, j'ai un faible pour vos brochettes », plaisanta-t-il en désignant la dite nourriture de manière volontairement obséquieuse. Après tout, c'est la seule chose qu'il consommait chaque fois qu'il venait ici. Pas même une goutte d'alcool. Il était venu assez souvent pour se fondre dans le décors et ne plus paraître aussi gauche que lors de sa première venue, néanmoins il savait bien qu'un client qui ne consommait pas de chair devait être plutôt déstabilisant.

« Et oui tout se passe à merveille », ajouta-t-il sans vraiment mentir dans la mesure où il n'était plus aussi perturbé qu'avant. Par contre, cela faisait quelques minutes qu'il lorgnait sur la favorite de sa cible, la jeune femme qu'il soupçonnait de travailler pour les Choshu. C'était peut-être l'occasion d'en apprendre plus sur elle sans se mettre dans une situation trop compromettante.

« Hmm, dites moi Harada-san », commença-t-il démontrant par la même occasion qu'il avait bien retenu son nom même s'il ne l'avait entendu que rarement. Il faut dire qu'il était spécial à ses yeux mais même sans ça il avait plutôt une bonne mémoire. « Est-ce que vous connaissez la femme au kimono rouge ? », questionna-t-il en prenant un air un peu intimidé alors qu'il désignait vaguement une des prostituées qui portait effectivement du rouge.

C'était une question rhétorique évidemment, le but étant simplement d'en savoir plus sur elle sans l'aborder directement. Il passait pour un client timide après tout, ce n'était pas si étrange qu'il veuille d'abord mieux connaître sa potentielle... amante ? Même si en réalité, cela l'embêtait un peu qu'on puisse penser qu'il était intéressé par ça. M'enfin, ce n'était qu'un rôle parmi d'autre après tout.
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MessageSujet: Re: Caché en plein soir [PV : Kohaku] [Terminé]   Dim 25 Déc - 16:50


Les sourcils de Kohaku atteignirent la racine de ses cheveux, et sur son visage s'inscrivit la plus grande des surprises. Elle n'était pas très discrète sur ce point, mais elle n'était pas faite pour cela. Les Dieux l'avaient voulu ainsi, quelque part. Pourtant, elle tenta de se reprendre, vite. La jeune femme n'était pas méchante, mais manquait singulièrement d'éducation. A côté de ça, c'était une plutôt bonne pâte, et elle voulait rendre service au maximum de ses capacités. Si elle travaillait à Usagi comme service de sécurité, elle devait tout de même respecter l'éthique de l'endroit et ne pas froisser les clients, à moins qu'ils ne fussent mauvais payeurs.

Elle toussota un peu, mais ne put complètement masquer un sourire béat et taquin. Ainsi donc Monsieur craquait... Qui aurait cru qu'il le ferait pour Aya-san ? Sûrement pas elle. Ko' aurait parié sur une des plus jeunes et des plus douces filles de la maison, et non la femme mature, quoi qu'indéniablement belle. Le charme de l'expérience, peut-être. Ainsi, ce cher client avait ce genre de préférence ? Pourquoi pas, ce n'était pas un crime... Ko' stocka l'information dans un coin de sa mémoire et se redressa un peu, pour se remettre dans la peau de l'employée modèle qu'elle voulait être :
- « Aya-san est une de nos filles les plus populaires. Elle est aussi, quelque part, la star de la maison, car si ce n'est pas forcément la meilleure gagneuse, elle a commencé ici et n'a pas failli depuis. » Aussi tout le monde savait qu'elle devrait hérité de Usagi après Mère. Déjà les rides et les affres du temps commençaient à faire leurs effets. De moins en moins de jeunes ou de nouveaux clients demandaient sa compagnie. Les habitués formaient sa clientèle, elle qui avait commencé jeune fille à peine pubère ici. Mais cela représentait encore pas mal de monde et pour le moment, Aya-san continuait d'officier auprès des clients les plus âgés ou à la recherche de la suavité teinté de maternalisme, à l'inverse du dynamisme passionné de certaines autres filles plus jeunes.

- « Elle a une très belle voix, et est très douce. Aya-san sait masser, également. Vous qui êtes acupuncteur, cela pourrait-il vous intéresser ? Ce sont toujours les concernés qui sont le plus stressés, je trouve. … voulez-vous prendre le thé avec elle ? »
Prendre le thé voulait dire se rapprocher d'une fille en tête à tête, mais dans la partie commune, blottis dans une alcove. Cela permettait de faire connaissance et plus, si affinité. Bien entendu, cela coûtait, mais moins que prendre une chambre. C'est pour cela que Mère éduquait ses filles à pousser le client à ne pas « consommer sur place » mais à préférer du « à emporter ».
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MessageSujet: Re: Caché en plein soir [PV : Kohaku] [Terminé]   Mar 27 Déc - 14:03


D'une certaine manière la surprise très expressive de Kohaku réconforta Susumu qui était beaucoup plus mal à l'aise qu'il ne voulait bien le montrer. Réprimant un sourire alors qu'il écoutait sagement les explications de la jeune femme, il la remercia mentalement. Même s'il s'était habitué à l'endroit il restait embarrassé par ce genre d'endroit mais Kohaku avait le don de tout dédramatiser. Sauf quand elle faisait des remarques salaces mais cela faisait longtemps qu'il n'avait pas eu droits à ses sous-entendus.

Sa dernière proposition le laissa néanmoins songeur. Parler avec la concernée était effectivement un moyen d'en apprendre plus à son égard mais est-ce que cela serait vraiment utile ? Il ne pouvait pas vraiment l'interroger directement, ni la questionner à propos de sa cible... S'ils trempaient effectivement dans une affaire louche cela ne ferait qu'éveiller leur suspiçion. Non à ce niveau là le mieux c'était de sortir son attirail moulant de ninja et de l'espionner directement. Cela serait d'autant plus efficace si elle ne connaissait pas son visage.

« Non ça ira », dit-elle en se calant dans ses coussins avec un air intimidé. L'avantage c'est qu'il n'avait qu'à penser aux chambres de l'étage pour sentir ses joues rougir, ce n'était vraiment pas difficile de jouer les timides en somme.

« En vrai c'est juste que j'ai l'impression de l'avoir déjà croisé quelques part, mais 'Aya-san', ça ne me dit rien... C'est un pseudonyme j'imagine? », ajouta-t-il finalement l'air de rien alors qu'il était intérieurement très tendu.

Son explication n'était pas mauvaise et elle pouvait lui permettre d'en savoir plus sur les habitudes de la prostituée, connaître son vrai nom aussi... Autant d'éléments qui faciliterait son enquête par la suite. Toutefois, Kohaku était une jeune femme à l'esprit aiguisé et il craignait de trop éveiller sa méfiance. Il savait qu'il jouait avec le feu mais en même temps cela faisait aussi l'intérêt de son métier... Après tout, même quelqu'un d'aussi calme que lui chavirait devant les frissons d'adrénaline que provoquait les situations compliquées. En attendant, il s'efforçait néanmoins de garder son air de client innocent qui lui allait si bien.
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MessageSujet: Re: Caché en plein soir [PV : Kohaku] [Terminé]   Dim 1 Jan - 21:20


Kohaku eut une petite moue devant la réaction de ce cher Yamazaki. C'était bien de lui, un pas en avant, trois en arrière. Surtout qu'elle ne lui proposait pas non plus de prendre une chambre mais bien juste de siroter du thé dans une alcôve. En tout bien tout honneur, si c'était ce qu'il voulait.
- « Voyons mon chou, il ne faut pas se mettre dans un tel état pour si peu. Un peu de courage, voyons. Un grand garçon comme vous.... » le gronda-t-elle avec une petite caresse sur l'avant-bras. Mais elle le laissa s'échapper, métaphoriquement parlant. Pour cette fois. Il ne s'en sortirait pas comme ça la prochaine fois.

- « Aya ? Non, c'est son nom. Elle est peut-être née autrement, mais depuis qu'elle a rejoint Usagi, elle a été Aya. Pour autant que je sache. Ça ne fait pas si longtemps que je suis ici. Pourquoi utiliser un pseudonyme ? Nous n'avons pas honte de ce que nous sommes. Après, vous l'avez peut-être vu en ville ? Aya-san aime beaucoup faire ses achats elle-même et je sais qu'elle est férue d'une maison de thé. Si vous fréquentez les mêmes quartiers ou établissements, son visage doit vous êtes familier. Êtes-vous physionomiste, cher... Ah, je ne peux plus vous appeler cher client indéfiniment, mon chou. »Et cette fois, elle se pressa délicatement contre lui, venant chercher son nom qui se cachait là, au coin de ses lèvres, tandis qu'elle lui dédiait une œillade de velours un peu humide par une larme de crocodile...
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MessageSujet: Re: Caché en plein soir [PV : Kohaku] [Terminé]   Mer 4 Jan - 19:57


Elle savait y faire la diablesse... Comment la moue qui ornait ses lèvres pouvaient avoir un tel pouvoir ? Il avait presque envie de se plier à son caprice et de boire le thé avec la dénommée Aya juste pour lui faire plaisir. Heureusement, elle n'insista pas plus que ça et elle lui donna même les informations qu'il voulait savoir à propos des habitudes de la jeune demoiselle. Ainsi donc elle fréquentait beaucoup les salons de thé... C'était une première piste... Même si des fois il se disait qu'il déployait beaucoup d'efforts pour ce qui n'était à peine qu'une rumeur... Mais le fait est que, plus il y pensait, plus il trouvait l'idée astucieuse... Encore une fois, qui irait se méfier des allées et venus des hommes auprès d'une prostituée ? Cela dit, si elle vendait bien des armes au choshu, il fallait qu'elle les stocke quelque part et qu'elle s'approvisionne, d'où ses innocentes questions sur ses habitudes. Peut-être courrait-il après un fantôme mais dans tous les cas cela vallait le coup d'essayer, on pouvait faire de grandes découvertes de fils en aiguilles... Sorti de ses pensées par la question de Kohaku – qui manifestement ne pouvait pas s'empêcher de se montrer tactile – Susumu lui sourit bien que, comme toujours il recula presque instinctivement fasse à son toucher. Quoi qu'avec un peu moins de virulence que d'habitude, preuve qu'elle était en train de l'apprivoiser.

« Et si ça me plait d'être appeler "cher client" ? », la taquina-t-il dans un élan d'audace innatendu. A force de la cotoyer il ne pouvait pas s'empêcher de jouer un peu le jeu... Mais ces fulgurances ne duraient jamais longtemps et son sérieux revenait au galop. Après tout, Susumu maniait bien l'ironie mais il n'était pas franchement réputé pour son sens de l'humour ou sa joie de vivre.« Susumu Takahashi », déclara-t-il sans hésitation, trop habitué à son alias pour bégayer. Si Susumu n'était pas le plus connu des membres du Shisengumi, son nom pouvait l'être, c'était donc une prudence nécessaire que de le falsifier.

Son patronyme jetté comme une offrande à la tigresse rousse qui lui tenait compagnie, Susumu osa finalement poser la question qui avait hanté ses réflexions depuis qu'il avait appris le nom de la jeune femme. En toute honnêteté, c'était aussi pour cette raison qu'il avait accepté de garder cette mission au bordel tout ce temps.

« En parlant de nom, dites moi, est-ce que vous connaîtriez un certain Sanosuke Harada par hasard ? », demanda-t-il en scrutant très attentivement sa réaction. Comme elle l'avait bien dit, Susumu était physionomiste, il ne pouvait pas s'empêcher de leur trouver un air de famille mais Sano n'en savait rien... Il voulait donc s'assurer qu'il se faisait des idées. Les homonymes existaient après tout... Pour preuve il utilisait en alias un des noms les plus courant, il y avait des Takahashi partout à Kyoto... Peut-être était-il juste abusé par la couleur de cheveux qu'ils partageaient... Il faut dire que ces mèches de feu pleins de reflets écarlate n'étaient pas si courantes... et qu'elles lui allaient atrocement bien d'ailleurs.
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MessageSujet: Re: Caché en plein soir [PV : Kohaku] [Terminé]   Ven 6 Jan - 13:22


- « Si cela vous plaît, alors je m'assurerai que les filles vous appellent comme ça. Moi ? Je ne suis pas comme elle, je fais ce que je veux. » C'était vite dit, mais c'était à l'image de la jeune femme. Elle était hors norme, dans tous les sens du terme. Pour un peu, ça ferait partie de son charme. Cependant, Susumu ne connaissait d'elle que la « commerciale/vigile » et non pas la vraie Kohaku, celle qui était brute de décoffrage et sans aucune éducation.

A l'énoncé de son nom, la rousse eut une petite moue dubitative. Non qu'elle se méfiait de son « cher client » - elle n'avait aucune raison de le faire. Mais Susumu Takahashi était d'un commun. Un banal nom de famille. A vrai dire, Kohaku s'était imaginée bien des scénario pour expliquer le comportement très différent de l'espion, et dans aucun d'entre eux, il était « monsieur tout le monde ». Elle était donc déçue.

La question la tira d'une bouderie bien enfantine. Kohaku cligna des yeux, un peu perdue. Le nom lui disait vaguement quelque chose, mais elle ne savait pas pourquoi.
- « Hum, non. Je pense qu'il n'est pas de ma famille. Je n'ai plus personne ici. » Enfin, pas encore. Puis elle fronça les sourcils, incertaine, et cela se vit dans sa voix comme dans ses gestes. Kohaku ne savait pas masquer ses émotions. « J'ai peut-être de la famille éloignée ici. » admit-elle. Son père lui avait assez répété qu'ils avaient un rônin dans la famille, et maintenant, la jeune femme regrettait de ne pas avoir prêté plus d'attention à ce qu'elle avait toujours considéré être des élucubrations d'ivrogne. « Pourquoi ? Il me ressemble, ce Sanosuke ?  » plaisanta-t-elle, sans se soucier le moindre du monde des implications que cela pouvait avoir, que d'avoir un ancêtre en vie actuellement, sur son plan de changer le futur.
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Susumu Yamazaki
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MessageSujet: Re: Caché en plein soir [PV : Kohaku] [Terminé]   Dim 8 Jan - 16:03


La répartie de Kohaku fit sourire Susumu. Effectivement elle n'était pas comme elles, Kohaku n'était comme personne. Ils ne se connaissaient pas depuis très longtemps mais cela suffisait à l'espion pour savoir que la jeune femme était unique. Sa déception lui tira un sourire navré, comme s'il s'excusait d'être source de déconvenue mais en réalité cela arrangeait bien ses affaires. Mieux valait qu'elle le considère ennuyeux et banal et qu'elle l'oublie aussitôt qu'il partirait, c'était le plus viable pour un espion. Etre monsieur tout le monde était parfait pour passer innaperçu, mais d'un autre côté Susumu s'enorgueillissait de cette faculté à la banalité, car tout le monde a envie d'être un peu spécial sur les bords. Ce qui le surprenait c'était l'infime élan qui lui donnait envie de le parraitre aux yeux de Kohaku.

Sa réponse eu néanmoins le don de piquer sa curiosité. Kohahu n'arrivait pas à dissimuler son trouble, et l'incertitude dans sa voix était tout à fait suspicieuse. Cela n'avait rien avoir avec son travail mais c'était un mystère qu'il était désireux de résoudre. Les yeux posaient sur elle avec une intensité nouvelle, Susumu scruta les traits de son interlocutrice pour essayer de déméler le vrai du faux. Tentait-elle maladroitement de lui mentir ou était-elle simplement incertaine de la vérité ? Faute de véritable indice, il décida de croire en la deuxième version.

« Oui, vous vous ressemblez », expliqua-t-il en toute sincérité. « Vous avez le même nez et les même cheveux, bien que les votre soit beaucoup plus jolis », justifia-t-il presque surpris de voir le compliment qui était naturellement sorti de ses lèvres. Susumu n'était pas spécialement charmeur aussi songea-t-il que son orgueil masculin n'avait juste pas supporter l'idée de fantasmer sur les cheveux de Sano, d'où la précision. Après tout, c'était un fait, les mèches de feu de Kohaku l'avait captivé dès leur rencontre, s'il faisait le lien entre eux, l'amalgame était un peu trop facile.

Son regard perçant toujours posé sur Kohaku, Susumu en profita pour étudier les yeux de la jeune demoiselle. Il s'était demandé s'ils avaient les même sans pouvoir répondre à la question, car en réalité, la couleur des iris était un détail qu'on ne remarquait pas souvent. De toute façon, ils n'avaient pas les même, ceux de Kohaku tirait vers le vers malgré leur reflets mordorés. Ils étaient magnifiques bien sûr. Comme tout le reste.
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Kohaku Harada
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Élu - Guerrière/Ronin
MessageSujet: Re: Caché en plein soir [PV : Kohaku] [Terminé]   Jeu 12 Jan - 8:37


Etre examinée sous toutes les coutures ne dérangeait pas Kohaku. Lorsqu'elle se dandinait au Vice, dans cet autre passé – ou était-ce un autre futur ? - elle le faisait avec tout juste un micro-mini bikini et elle n'avait jamais failli à son devoir de représentation. Ainsi, le regard inquisiteur de Susumu Takahashi ne la dérangea pas. Au début. Il y avait une telle force calme, sans la moindre trace de la lubricité qui normalement brillait dans les prunelles des autres « clients », qu'elle se sentit réduite au rôle de la servante examinée par quelque chose comme un noble, un seigneur.

Ce qui fit qu'elle s'empourpra délicatement.
A ces mots, sa main vola à son nez. Kohaku n'avait jamais pensé à ce qu'on pouvait regarder son nez. Généralement, c'était autre chose qu'on lui reluquait. M'enfin, elle n'était pas en petite tenue, donc... Cependant, son kimono était un peu plus échancré que la moyenne et les fentes sur le côté qui n'existait pas sur un vrai kimono – créées spécialement pour elle, pour qu'elle pût bouger – dévoilaient des atouts autre que son nez. Ce type était donc résolument bizarre. Peut-être un fétichiste du nez ?

- « Ah.... » fit-elle d'une voix incertaine, se trémoussant un peu. Pour une fois, elle ne savait plus comment agir. « Peut-être pourriez-vous inviter ce Sanosuke Harada la prochaine fois que vous venez. Je doute que nous soyons des parents, ou alors tellement éloignés que ça fait de nous des étrangers, mais au moins pourrons-nous comparer côte à côte nos similitudes... … si je peux me permettre... quel âge a-t-il ? Je ne pense pas avoir de jumeau perdu, mais qui sait... »
Si elle avait réellement été de cette époque, ce Sanosuke aurait pu être un frère ou un cousin, plus ou moins bâtard selon qui avait trempé son biscuit dans la tasse de thé de qui, si vous suiviez la métaphore.

Puis elle prit une petite inspiration et repoussa toutes ses questions. Quand elle reviendrait « chez elle », avec son Ryoma, sa « famille », tout cela ne serait qu'un rêve. Cela ne servait à rien de se lancer dans des élucubrations.
- « En tous les cas, je suis heureuse de savoir que mes cheveux vous plaisent. » C'était un signe. Dans quelques temps peut-être pourrait-il envisager d'aller parler à une fille qui faisait des « trucs » de filles. « Mon chou, que pensez-vous donc des cheveux, et du nez de notre chère Aya-san ? » relança-t-elle avec la subtilité d'un rhinocéros pris de convulsions...
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Susumu Yamazaki
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Japonais - Shinsengumi - Chef Shinobi
MessageSujet: Re: Caché en plein soir [PV : Kohaku] [Terminé]   Sam 14 Jan - 17:49


Susumu ne manqua pas d’apercevoir la légère coloration sur le visage de Kohaku sans pour autant comprendre d'où venait cette gène. Puis il réalisa subitement qu'il avait agit de manière vivement impolie en la dévisageant ainsi et il inclina aussitôt là tête en signe d'excuse prenant un air vraiment désolé.

Il fut toutefois absolument ravis de voir que son compliment avait touché. Du moins, c'était là son interprêtation de son attitude soudainement incertaine et de son geste spontanée pour toucher son nez. Qu'elle se rassure il n'était absolument pas « fétichiste des nez », juste assez physionomiste pour remarquer ce genre de détail, s'il avait pu tirer des ressemblance de sa poitrine ou de ses jambes il aurait sans doute laisser ses yeux se balader par là également... Fort heureusement pour sa crédibilité, Sanosuke n'avait pas ce genre d'attribut physique, la comparaison n'avait donc aucun sens.

Hochant légèrement la tête à sa requête, Susumu ne montra pas à quel point il trouvait que c'était une mauvaise idée, se contentant de sourire gentiment.
« Il a 23 ans et je doute de réussir à le convaincre de venir, mais j'essaierai », promit-il de manière tout à fait éhontée. S'il lui avait effectivement parlé de la jeune femme qui lui ressemblait, Susumu n'allait pas emmener Harada avec lui ici. Sans vouloir critiquer le capitaine, la discrétion était loin d'être son talent – au contraire il avait plutôt celui d'attirer toutes les filles comme des papillons, (quoi que  Hijikata soit naturellement plus doué que lui dans ce domaine) - et le jeune homme ne voulait voir tout ses efforts réduis à néant pour si peu.

Pris par surprise par sa question absolument pas subtile, Susumu cligna légèrement des yeux en laissant son regard glisser de nouveau vers la femme au kimono rouge. Dans la mesure où il la soupçonnait il avait grâvé ses traits dans sa mémoire, mais de là à juger de sa beauté... Il ne s'était jamais posé la question. Et c'est pourquoi il resta stupidement silencieux quelques instants, fixé sur la jeune femme au loin. Heureusement qu'il n'était plus vraiment en espionnage sinon n'importe quel suspect aurait sans doute pu sortir l'air de rien tant il était concentré sur cette stupide question.

« Heu... Ils sont... normaux... ? », hésita-t-il en lui lançant un regard désolé. Plusieurs années d'étude de la littérature et voilà qu'il n'arrivait pas à sortir mieux que ses trois mots d'une vacuité à pleurer. En même temps, c'était bien là le fond de sa pensée. La jeune femme avait de long cheveux noir qui lui semblait identique à tout ceux des autres japonaise et il n'avait aucune idée des critères de beauté sur les nez donc il n'était pas plus avancé. C'est sûre qu'elle était jolie, mais clairement elle n'avait pas le charme de Kohaku, elle n'avait rien de captivant.
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Kohaku Harada
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Élu - Guerrière/Ronin
MessageSujet: Re: Caché en plein soir [PV : Kohaku] [Terminé]   Ven 20 Jan - 10:39


Kohaku pencha la tête sur le côté. C'était marrant, mais elle n'imaginait pas Susumu Takahashi-san avoir des amis. Il était acupuncteur, donc il pouvait très naturellement avoir une vie sociale, mais comment un homme aussi discret pourrait-il avoir des proches ? Pourtant, il parlait de cet autre Harada comme s'il le connaissait bien, alors même qu'il annonçait qu'il ne semblait pas être du genre à venir ici. C'était étrange. Il n'y avait rien de mal à venir à Usagi.

- « Oh, Harada-san est-il marié ? Je sais que certaines femmes n'apprécient pas quand leur époux viennent ici, ne serait-ce que pour boire et manger. » Elle ne posa pas la question à Susume : il était clair qu'il était célibataire, et parti comme il l'était, allait le rester. Et ses mots ne firent que renforcer cette opinion. « Normaux ? » s'exclama-t-elle. « Bien sûr qu'ils sont normaux... Elle est comme vous et moi. En fait, elle est tellement plus que vous et moi. Elle, elle est belle. » Kohaku sous-entendait qu'elle, elle ne l'était pas, et ce sans aucun complexe. La rousse savait parfaitement qu'elle ne correspondait pas aux critères de beauté de l'époque. Et son caractère faisait que ceux qui pourraient lui trouver du charme, s'ils étaient tentés par l'exotisme modérée (elle n'en restait pas moins une Japonaise!), partaient généralement en courant quand elle montrait son réel « elle ». « Vous savez, si vous ne faites pas mieux que ça, vous allez rester vieux garçon toute votre vie. J'espère que vous parlez mieux à votre fiancée ! » Oui, elle assumait qu'il avait une fille dans sa vie. Un acupuncteur comme lui gagnait raisonnablement sa vie, donc il y avait forcément quelque part la fille d'un marchand ou autre qui attendait ou qui grandissait.

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Susumu Yamazaki
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Japonais - Shinsengumi - Chef Shinobi
MessageSujet: Re: Caché en plein soir [PV : Kohaku] [Terminé]   Dim 29 Jan - 20:05


Susumu ne s'attendait pas à ce que Kohaku tente de déterminer les raisons pour lesquels Harada ne fréquentait soit-disant pas ce genre d'endroits. En fallait-il vraiment une ? Il avait conscience que sa timidité et son manque d'intérêt en vers la gente féminine n'était pas commune, mais il n'était pas le seul à ne jamais mettre les pieds dans un bordel... Saito, Soji ou Hijikata ne le faisait pas non plus par exemple. Enfin, pas ouvertement en tout cas.

« Non, il ne l'est pas », répondit-il donc le plus laconiquement du monde. Il n'allait pas chercher des excuses pour quelque chose qui n'existait pas, mais il ne pouvait pas non plus affirmer que oui Harada était marié. Il n'avait aucun scrupule à lui mentir, mais si jamais elle rencontrait le jeune homme un jour elle découvrirait la vérité bien rapidement vu comme il aimait se donner des airs charmeurs et clamer son manque d'attache.

Son apathie embarassante quant aux compliments fut néanmoins de courtes durée car Kohaku commenta elle même la beauté supposée de la demoiselle Aya, le surprenant par la façon dont elle se dévalorisait. La jeune femme lui avait semblé être très sûre d'elle et consciente de ses charmes indéniables, pourquoi diable se plaçait-elle en dessous de la prostituée que lui même trouvait quelconque ? Etait-ce de la fausse modestie ? Une stratégie normale pour son travail, après tout, elle se devait de valoriser les demoiselles... En tout cas, cela lui semblait bien abhérant. Mais pas autant que ses quelques mots sur une probable fiancée qui le laissèrent néanmoins de marbre. Il n'en avait pas, mais ça ne l'embarassait pas autant que son inexpérience en matière de femme.

« Je ne vois aucun mal à finir vieux garçon. J'ai des choses plus importantes à faire dans la vie que de courtiser une demoiselle », finit-il par répondre d'une voix un tantinet plus enflammée qu'à l'accoutumer. Il est certain qu'il aurait pu mener une vie paisible dans les bras d'une femme mais ce n'était pas la voie qu'il avait choisi. Comme certains autres de membres du Shisengumi, il pensait qu'une vie maritale était inconciable avec les devoirs qui leur incombait et les dangers qui les menaçaient constamment. Si ce sujet lui tenait particulièrement à cœur, il regrettait néanmoins de l'avoir abordé. Comment justifier alors qu'il perde son temps à juste profiter de l'ambiance dans ce lieu où il n'était pas à l'aise ?

Une question à laquelle il préférait éviter de répondre, notamment en détournant l'attention de son interlocutrice. Puisqu'il en était à dire le fond de sa pensée, il se sentait rougir rien qu'à l'idée de sa prochaine tirade mais autant profité de l'élan fougueux dans lequel il s'était lancé.

« Et si je n'ai rien trouvé de pertinent à dire sur Aya-san c'est qu'elle est probablement fort belle mais que je la trouve personnellement quelconque : elle ressemble à toutes les autres femmes que je croise constamment dans la rue. Je suis néanmoins capable de me montrer beaucoup plus flatteur si c'est ce qui vous choque tant. Par exemple, je pourrais dire que vous êtes bien plus jolie et envoutante que Aya-san. J'ai rarement vu une couleur aussi vive et aussi jolie que l'écarlate incandescent de vos cheveux, et je pense qu'il sied particulièrement à votre personnalité que je devine aussi enflammée qu'indisciplinée, ce qui a le mérite d'être rare de nos jours. En parlant de couleurs je pense que vous êtes fort consciente des reflets qui dansent dans vos yeux et de leur couleur tout à fait fascinante ce qui ne fait que donner plus d'intensité à vos traits », déclara-t-il d'une traite un peu rapide, comme si la moindre pause pouvait lui être fatale. Il était en effet tout à fait possible que son audace ne meurt à la moindre hésitation, et c'est exactement ce qui arrivait désormais. De toute façon, il ne se serait pas aventuré à parler de ses courbes et de la force qui émanait de son corps au risque de se voir pris de combustion spontanée.


« Mais tout ça ne m'avance à rien, donc je m'en abstient généralement. »

Susumu était lettré, il avait étudié la stratégie militaire mais aussi l'éloquence et la poésie. Certes il était loin de pouvoir en faire son métier et en même temps il détestait ça, mais il savait fort bien faire des jolis phrases lorsque c'était nécessaire. Au moins était-il plutôt satisfait de son portrait et il espérait que Kohaku passe sur sa précédente déclaration, fusse pour se moquer de ses compliments quelques peu datés.

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Kohaku Harada
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Élu - Guerrière/Ronin
MessageSujet: Re: Caché en plein soir [PV : Kohaku] [Terminé]   Mar 7 Fév - 17:59


Bien entendu, Kohaku n’était pas d’accord avec Susumu et ne tarda pas à le lui faire savoir.
- « Bien sûr que c’est mal de finir vieux garçon. C’est... instinctif… que de vouloir fonder une famille, avoir une descendance. » Elle avait faillir dire « génétique » et le pouvoir de Bishamonten avait coupé court à cette formulation. En 1863, personne n’avait la moindre idée de ce que pouvait être un gène… « Et entre perdre son temps à compter fleurette, et trouver la bonne personne, se marier et fonder un foyer, il y a une diffférence. » Elle le grondait, comme s’il était un môme. Mais Kohaku était choquée de cette déclaration, venant d’un homme au cœur d’une société patriarcale. Et puis, sa fierté très mal développée de femme vivait très mal le fait d’être ainsi négligée. Comment ça, les femmes n’étaient pas une priorité ! Ah, ça se sentait, qu’il était puceau, tiens. S’il avait passé une nuit avec une femme, une vraie, il ne dirait pas ça. « Vous êtes acupuncteur, qu’est-ce que vous pourriez avoir de si important que ça que vous n’avez pas le temps pour épouser la fillle de votre voisin ou autre ?  »
Et elle bouda, pour de bon, les bras croisés sur la poitrine, les lèvres froissées en une moue réprobatrice. Elle alla même jusqu’à tourner la tête de l’autre côté avec un « humph » scandalisé. De telle façon que la rousse ne capta la grosse incohérence entre le discours et la présence de son « cher client ». D’un autre côté, même si elle avait été dans son état normal, elle n’aurait pas forcément été plus intuitive.

Ainsi, la belle tirade de compliments toucha au départ un public réticent, avant de se tourner vers lui, le visage trahissant toute son incrédulité grandissante au fur et à mesure qu’il parlait. Les mots réussirent à la faire rosir, avant de la pousser dans ses derniers retranchements. Dans ces moments, Kohaku retournait au naturel : la yakusa moderne qui d’un côté, se hérissait à ce qu’on fît l’éloge de sa beauté et non de sa force, qu’on l’appréciât et non la craignît, et de l’autre, voyait là une ouverture, une faiblesse dont il fallait tirer partie.

- « Oh, mon chou, il ne faut dire pas ça comme ça. » roucoula-t-elle en s’approchant, lascive, d’un Susumu qui allait regretter – peut-être – son coup d’éclat. « De si beaux compliments, ce n’est jamais pour rien… Par contre, vous n’avez pas la moindre idée de ma personnalité. Voyez-vous, je ne suis pas une gentille fille, moi. » Tout en parlant, elle avait glissé un doigt sensuel le long de sa joue et de sa mâchoire. Et d’un coup, elle l’attrapa par le haut du kimono et l’embrassa à pleine bouche. Ce n’était pas simplement un contact de lèvres sur lèvres, mais un véritable baiser, approfondi, un « French Kiss » comme ils diraient dans quelque chose comme 200 ans. « Voilà, une bonne chose de faite. » susurra-t-elle en le relâchant, alors que son action était saluée par les sifflets et les commentaires bon enfant du reste de la salle qui avait apprécié cette attaque d’un autre genre. « Mizuki, viens donc servir notre très cher client... » Elle se leva et appela une jeune fille qui débutait encore dans la maison, en ce qu’elle savait parfaitement être un coup bas pour Susumu qui n’avait jamais rien à dire, à personne, ou persuadé que ça ne servait à rien. Pendant ce temps, elle retourna à ses activités de garde-du-corps.
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Susumu Yamazaki
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Japonais - Shinsengumi - Chef Shinobi
MessageSujet: Re: Caché en plein soir [PV : Kohaku] [Terminé]   Dim 12 Fév - 16:15


Quand Kohaku l'empoigna par le kimono pour l'embrasser langoureusement, Susumu arrêta de fonctionner. Par réflexe il avait porté la main à sa ceinture pour attraper son katana mais il n'en avait pas et de toute manière Kohaku ne lui voulait pas vraiment du mal. Il resta donc simplement figée, les yeux un peu écarquillés à subir se baiser inattendu. Pour être honnête, Susumu s'imaginait rarement avec une femme, mais même quand il le faisait il s'imaginait quelque chose de beaucoup plus... enfin beaucoup moins... Pas ça en tout cas.

Subissant les applaudissements bon enfant de son auditoire, Susumu vira au cramoisi alors que son cerveau enregistrait petit à petit les informations. Il devait avoir l'air d'un abruti, et l'attention non désirée de sa nouvelle hôtesse ne l'aidait guère à éclaircir ses idées.

Il ne comprenait pas Kohaku.

Son compliment l'avait fait rougir, mais elle avait aussi eu l'air contrarié et puis elle l'avait embrassé en se donnait l'air de lui infliger une punition. Au final, avait-elle appréciée sa tirade ou pas ? Etait-ce à cause de son tempérament ou était-il à côté de la plaque concernant ce qui plaisait aux filles ? Définitivement les femmes étaient beaucoup trop compliquées pour lui. Il ne les considérait pas toutes comme des petites choses fragiles car il avait déjà rencontré des shinobi féminine d'exception mais tout de même n'étaient elles pas censées être un tantinet plus romantiques ? D'un autre côté, on parlait de la videuse d'un bordel donc les pudeurs habituelles ne s'appliquait probablement pas sur elle. Kohaku était définitivement à l'image de ses cheveux, singulière.

Mal à l'aise, à cause de ce qui venait de se produire mais aussi des avances dénommée Mizuki qui faisait du zèle pour faire bonne impression, Susumu se montra encore plus laconique que d'habitude, frolant l'impolitesse dans sa manière d'éluder les questions et de mettre fins à toute tentative de badinage.

Contrarié parce qu'il c'était passé, il se décida finalement à partir – ou plutôt à fuir – cet endroit qui définitivement ne lui accordait que des problèmes. Le tout en prenant bien soin d'esquiver Kohaku, s'il avait dû la croiser il aurait sans doute retrouvé une teinte digne du kimono d'Aya dans l'instant. Il était embarrassé certes – qui aurait imaginé que son premier vrai baiser serait dans ces circonstances ? - mais il allait s'en remettre, par contre son orgueil était un peu froissé. Il s'était toujours persuadé que s'il n'avait personne dans sa vie c'est parce que les femmes ne l'intéressaient pas, mais cela avait quelque chose d'un peu vexant de soudain imaginé le contraire. Au fond, il était persuadé de savoir être beau parleur si nécessaire mais Kohaku avait semblé être plus embêtée que flattée, donc il ne savait plus. Et il n'était pas sûr d'être prêt à assumer demander conseil à un membre du Shinsengumi...
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Caché en plein soir [PV : Kohaku] [Terminé]
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